Les origines de la broderie

Il est compliqué pour l’historien de trouver des preuves de l’existence de brodeurs à Lunéville avant le XVIII° siècle. Cette  activité se développe grâce à l’installation du duc Léopold à Lunéville. La construction du château, son aménagement et la présence d’une cour vont attirer les brodeurs. Toutefois peu habitent sur place. Les factures établies par la veuve Lamoureux, par exemple, parlent de déplacements de Nancy à Lunéville pour plusieurs jours. Autre exemple, selon la thèse de Sarah Lebasch[1]    François Lamoureux est fournisseur de Léopold et on retrouve  le dénommé  Jean Baptiste I Lamoureux sous Stanislas ; il a même obtenu le titre de brodeur du Roi de Pologne, Stanislas est alors duc de Lorraine[2].

Somme, il y a une activité assez intense de broderie, mais il est difficile de retrouver des brodeurs habitants Lunéville. C’est au XIX° siècle que l’on voit apparaître des entreprises de broderie. Mais toutes les brodeuses ne sont pas des ouvrières, beaucoup travaillent à domicile et ne sont pas compter dans les effectifs des manufactures. Ce travail est souvent considéré comme un travail d’appoint.

[1] Sarah LBEASCH : « Elisabeth-Charlotte d’Orléans (1676-1744) : une femme à la mode » ; Université de Nancy II, 2009-2010
[2] Albert JACQUOT : « Essai de répertoire des artistes lorrains brodeurs et tapissiers de haute lisse » ;Paris : Librairie de l’Art ancien et moderne, 1906

 

Son évolution

C’est sans aucun doute Joséphine de Beauharnais, qui redonne ses lettres de noblesse à la broderie Lorraine. Celle qui sera impératrice vient prendre les eaux à Plombières(1798). L’accident, dont elle est victime en juin, reste dans les annales de la ville. Pendant son séjour elle découvre le travail des brodeuses locales, qui font de la broderie blanche[1] ; elle emporte ces fabrications à Paris et en relance la mode. L’engouement se généralise, les commandes deviennent importantes.

A Lunéville on brode sur du tulle au point de chaînette, on brode tout d’abord à l’aiguille puis au crochet à partir de 1850. Les femmes exécutant ce travail sont appelées les « Lunévilleuses » ; le point de Lunéville est né. Leur travail est reconnu, pour preuve les demoiselles Gazottes réalisent le voile de baptême pour l’Aiglon en 1811.

 Vers 1865, Louis Ferry révolutionne la technique de la broderie en inventant la broderie perlée de Lunéville. L’objectif ? Relancer la production parallèlement à la création de la haute couture. La technique des « lunévilleuses » connaît vite un grand succès favorisé par la mode de l’Art Nouveau, puis celle des Années folles.

Guerres et crise économique ont raison des entreprises de broderie. Mais des passionnés, la famille Rémy, créent en 1999 le Conservatoire de la Broderie de Lunéville François-Rémy, cette broderie est aujourd’hui élevée au rang de la haute couture, d’une grande valeur patrimoniale et artistique. Le Conservatoire permet de découvrir l’histoire fabuleuse de la broderie ainsi que les créations des grands couturiers.

​Le conservatoire abrite également un centre de formation à la broderie de Lunéville et à la broderie perlée. Les formations sont assurées par Aude Rémy, Brodeuse haute couture.​

[3] La broderie blanche au plumetis et au crochet est utilisée pour la lingerie, l’ameublement.

Château de Lunéville
Cour des Communs
Place de la 2ème Division de Cavalerie
54300 Lunéville

 03 83 74 48 13
www.broderie-luneville.fr

Ouvert tous les jours (sauf le mardi)
de 14h à 18h
Entrée gratuite