On ne peut évoquer l’histoire de Lunéville sans parler de son Château, qui fait l’objet d’un vaste programme de restauration après le terrible incendie de janvier 2003 et de mise en valeur culturelle et touristique. L’église Saint-Jacques, de style rococo, est un des monuments religieux des plus surprenants. Le théâtre à l’italienne fait la fierté des connaisseurs en raison de son acoustique exceptionnelle.

Lunéville est aussi un territoire où se sont ancrées de nombreuses traditions. La culture maraîchère, à la fin du XIXe siècle, a fait la réputation du salsifis et du melon de Lunéville.

L’art de la broderie perlée a fait le tour du monde, comme la renommée des brodeuses de Lunéville. La faïence, une tradition de près de trois siècles, a porté le nom de Lunéville aux quatre coins du monde.

Surnommée la cité cavalière, Lunéville a compté jusqu’à dix compagnies de Gendarmes Rouges. En 1939, on compte encore à Lunéville deux régiments de dragons, soit près de 2000 chevaux. Actuellement, le 53e RT rassemble encore plus de 1000 militaires.

Aujourd’hui, Lunéville est une ville de près de 20 000 habitants résolument tournée vers l’avenir, qui compte près d’un millier d’entreprises, avec une large prédominance du secteur tertiaire. Le tissu associatif y est représenté par près de 140 associations. Des équipements sportifs et culturels de qualité offrent de nombreuses activités pour tout public. Plus de 7500 jeunes sont scolarisés dans trente écoles et établissements allant de la maternelle au supérieur. Des structures spécifiques petite enfance accueillent les 0–6 ans.

Noyée dans un écrin de verdure, Lunéville offre à ses habitants les avantages d’une ville à la campagne, respectueuse de l’environnement et soucieuse de la qualité de vie. Ses nombreux charmes ne peuvent que séduire.

L’histoire de Lunéville a été marquée par plusieurs périodes de prospérité qui font aujourd’hui la richesse de notre patrimoine artistique. Lunéville connut une renommée internationale durant le Siècle des Lumières lorsqu’elle devint la capitale artistique et intellectuelle de la Lorraine, puis au XIXe siècle où elle fut le siège du plus important camp de cavalerie de France. L’histoire millénaire de Lunéville vous est résumée en une quinzaine d’évènements marquants. Xe siècle Naissance de Lunéville autour de deux pôles fondés par le comte Folmar : le premier château et l’abbaye Saint-Rémy qui connut un important essor à partir du XIIe siècle. Début du XIIe siècle La construction d’une première enceinte est la dernière phase marquant la transformation du noyau urbain en véritable agglomération.

De 1243  à nos jours

– 1243 –
Rattachement de la seigneurie de Lunéville au duché de Lorraine par le duc Mathieu II.


– 1470-1477 –

Guerre entre le duché de Lorraine et le duché de Bourgogne. Lunéville est plusieurs fois assiégée


– 1587 –

Construction d’une enceinte bastionnée par le duc de Lorraine Charles III. XVIIe siècle Cette époque est troublée par de nombreuses guerres (guerre de religion et Guerre de Trente Ans) qui entraînent une rapide décadence économique de Lunéville et une forte baisse démographique. Lunéville est en grande partie dévastée.


– Vers 1610 –

Reconstruction du château par le duc de Lorraine Henri II.


– 1697 –

La signature du traité de Ryswick mit fin aux guerres qui ravageaient la Lorraine et permit à Léopold Ier (1699-1729) de régner sur ses états.


– 1702 –

Léopold Ier s’installe à Lunéville pour tenir tête aux troupes françaises qui occupent sa capitale, Nancy. Le duc de Lorraine, qui releva la Lorraine de ses cendres, fit reconstruire Lunéville et son château.


– 1729-1737 –

François III succède à son père. Il laisse rapidement la régence à sa mère, Elisabeth-Charlotte d’Orléans, nièce de Louis XIV. En 1736, il épouse la future impératrice d’Autriche, Marie-Thérèse. Il donne ainsi naissance à la dynastie Lorraine-Habsbourg. Puis il céda ses états à la France en échange du Grand-duché de Toscane.


– 1737 –

Stanislas Leszczynski, roi détrôné de Pologne et beau-père de Louis XV, se voit attribuer en viager le duché de Lorraine par le roi de France. Grâce à Stanislas, Lunéville devint un des hauts lieux de diffusion des idéaux des Lumières en Europe


– 1766 –

À la mort du roi Stanislas, le duché de Lorraine est définitivement réuni à la France. 1766-1788 Une prestigieuse unité d’élite, les gendarmes rouges, est envoyée en garnison à Lunéville par Louis XV.


– 1814-1815 –

Lunéville est envahie à deux reprises par les armées russes et bavaroises durant les guerres de l’Empire.


– 1824-1848 –

Le prince Louis-Aloïs Hohenlohe, qui avait obtenu une partie du château de Lunéville en viager pour son dévouement à la cause de Louis XVI, fonda un camp de cavalerie à Lunéville. Le camp fut dissout en 1848 mais demeura la plus importante garnison cavalière de France.


– 1870-1871 –

Durant la guerre franco-prussienne s’illustrèrent quatre régiments de cavalerie de Lunéville lors de la célèbre charge dite de Reichshoffen qui sauva l’honneur français. Suite au traité de Francfort, Lunéville devint une ville de frontière. Son importance militaire fut renforcée, sa population et son économie connurent un essor prodigieux.


– 1914-1918 –

La 2ème Division de Cavalerie en garnison à Lunéville participa à tous les grands faits d’armes de la Première Guerre mondiale. Lunéville fut occupée du 22 août au 12 septembre 1914 par les troupes allemandes.


– 1939-1945 –

En septembre 1939, la 2ème Division de Cavalerie aux ordres du général Berniquet se porte aux frontières. Elle combat en Ardennes, dans la trouée de Sedan puis dans la Somme au sud d’Alleville. En juin, submergée par les chars à Saint-Valéry-en-Caux, elle reçoit l’ordre de cesser le feu. L’armée allemande occupe Lunéville du 18 juin 1940 au 16 septembre 1944.

De grands noms de l’histoire française sont nés ou ont séjourné à Lunéville. Nous vous proposons ici la biographie de quelques uns de ces personnages qui ont marqué la vie artistique, intellectuelle et politique de notre nation.

– Georges de La Tour –
Vic-sur-Seille 1593 – Lunéville 1652

Fils de boulanger, Georges de la Tour acquiert très tôt la passion de la peinture. L’importance qu’il donne à la lumière est visiblement inspirée du souvenir des lueurs du fournil.

Bien qu’ayant peu d’informations, les historiens de l’art imaginent que sa formation s’est déroulée en Italie auprès du peintre Guido Reni. En 1620, il s’installe à Lunéville, ville natale de son épouse Diane Le Nerf fille d’un argentier du duc de Lorraine Henri II. Il y réalise la majeure partie de son oeuvre. À partir de 1631, sa célébrité dépasse les frontières de la Lorraine et, en 1634, il se rend auprès du roi Louis XIII qui lui achète plusieurs toiles. À son retour en 1640, le peintre trouve une région dévastée par la guerre. Il décède en 1652 au cours d’une épidémie de peste.

Au début de sa carrière, il réalise des scènes diurnes de facture détaillée dans une lumière froide. Il s’inspire des oeuvres du Caravage mais réduit le tableau à ses données essentielles créant une atmosphère silencieuse (Le Tricheur à l’as de carreau, Louvre, La Diseuse de bonne aventure, New York). Dans les scènes nocturnes, la lumière réduit les volumes à des plans géométriques dans une gamme de tons bruns (Saint-Jean-Baptiste au désert, Musée Georges de la Tour à Vic-sur-Seille, La femme à la puce, Musée historique lorrain à Nancy, Job raillé par sa femme, Musée départemental des Vosges à Épinal) renouant d’une manière originale avec la spiritualité qui sous-tend l’oeuvre du Caravage. Mais Georges de La Tour crée une ambiance recueillie et évite le versant dramatique propre au peintre italien.


– Henry Desmarest –

Paris 1662 – Lunéville 1741

Élève de Lully, maître de musique de la maison professe des jésuites de Paris, il s’enfuit à l’étranger à la suite d’une grave affaire judiciaire. Après avoir résidé à Bruxelles et en Espagne, il remplit les fonctions de surintendant de la musique à la cour de Lorraine. Sous l’influence de Lully et de Delalande, il fut l’un des principaux acteurs du renouveau de l’opéra français. Les oeuvres de sa période lorraine témoignent de l’enrichissement de son style auprès de musiciens étrangers: longues fugues chorales, contrepoint dense autorisant de surprenantes audaces harmoniques, mysticisme fort rare chez les compositeurs français du XVIIIe siècle.


– Mme de Graffigny –

Nancy 1695 – Paris 1758

Mme de Graffigny, née Françoise d’Issembourg d’Happoncourt, d’excellente famille, était séparée de son mari, homme brutal. Familière de la cour du duc Léopold Ier, elle fut à l’origine de la pléiade de lettrés qui fut accueillie à la cour de Stanislas. Elle passa de Lunéville à Cirey pour rejoindre Voltaire et Mme du Châtelet, puis partit à Paris en 1743. Elle y tint un salon, et obtint un vif succès avec ses Lettres d’une Péruvienne (1747), puis avec un drame, Cénie (1750). Un poète de la cour de Stanislas, Panpan Devaux, échangea fidèlement avec elle deux milles lettres qui constituent un témoignage exceptionnel de l’histoire intellectuelle française du XVIIIe siècle.


– Émilie le Tonnelier de Breteuil, marquise du Châtelet –

Paris 1706 – Lunéville 1749

Femme de lettres et scientifique, Emilie du Châtelet fut l’une des premières femmes de la noblesse à accepter les principes philosophiques du déisme. Elle correspondit avec Maupertuis, Euler, Clairaut, Bernoulli. Elle étudia Liebniz. Elle traduisit « Principia Mathematica » de Newton qui traite de la loi de la gravitation universelle et contient les principes essentiels de la mécanique. Elle eut une longue liaison sentimentale et intellectuelle avec Voltaire qu’elle accueillit dans son château de Cirey-sur-Blaise. Tous deux firent plusieurs séjours à la cour du roi Stanislas à Lunéville où elle mourut des suites d’un accouchement.


– Louis Stanislas Cécile Xavier comte de Girardin –

Lunéville 1762 – Paris 1827

Formé par Jean-Jacques Rousseau, il se montra partisan des idées nouvelles au début de la Révolution. Élu député à l’Assemblée législative, il siégea néanmoins aux côtés des monarchistes constitutionnels (feuillants) et se rapprocha de la cour. Il fut emprisonné sous la Terreur et libéré après le 9 Thermidor. Sous le Consulat, il siégea au tribunat (1799) dont il assuma la présidence (1802). Préfet en 1812, puis aux Cents-Jours, il fut disgracié après Waterloo. Nommé préfet de Côte-d’Or en 1819, il devint un des chefs de l’opposition libérale.


– François Nicolas Benoît Haxo –

Lunéville 1774 – Paris 1838

Spécialiste de la guerre de siège et surnommé le « Vauban du XIXe siècle », il réalisa de nombreux travaux de fortification en France et à Constantinople (1807), et dirigea le siège d’Anvers (1832) dont il obtint la reddition en vingt-quatre heures.


– Émile Erckmann –

Phalsbourg 1822 – Lunéville 1899

Émile Erckmann, associé de 1847 à 1889 à Alexandre Chatrian, écrivit de nombreuses oeuvres littéraires et théâtrales inspirés des moeurs alsaciennes et lorraines. Suite à une mésentente avec son acolyte, Émile Erckmann emménage à Lunéville le 9 octobre 1884. Il y publia son dernier ouvrage « Fables alsaciennes et vosgiennes » en 1895. À son décès en 1899, un monument commémoratif fut édifié dans les jardins du château par Lucien Weissenburger et Ernest Bussière.


– Alexis François L’Hotte –

Lunéville 1825 – Lunéville 1904

L’Hotte était passionné de cheval. Saint-Cyrien à 17 ans, il fut nommé à la tête du manège de l’école de Saumur en 1864 pour devenir directeur de cette même école après la guerre de 1870. Il rédigea le règlement de la cavalerie qui resta longtemps la charte de cette arme. Il fut l’un des plus grands maîtres de l’art équestre.

Les Manufactures Royales de faïences de Lunéville/Saint-Clément sont inscrites dans l’histoire de la ville depuis plus de 250 ans. Un long fleuve, pas toujours tranquille, mais toujours tourné vers la production artistique.

Lunéville et Saint-Clément peuvent se vanter d’avoir servi des rois dont Stanislas Leczinski et la Reine. Si Marie–Antoinette, fille de l’empereur d’Autriche François 1er, compte parmi ses prénoms de baptême “Lorraine”, c’est parce que son père n’a pas oublié ses racines : il est le fils aîné de Léopold, duc de Lorraine. Devenue reine de France en 1774, à l’âge de 19 ans, Marie-Antoinette reste attachée à la Lorraine et règne par son charme et son goût sur la mode et les arts de son temps.

– Pourquoi des manufactures à Lunéville et à Saint-Clément ?

Tout a commencé sous le règne de Stanislas. Jacques Chambrette, alors manufacturier à Lunéville est à la tête d’une affaire prospère.  Il a mis au point une recette de pâte à faïence fine, qu’il a appelée « Terre de Pipe » et qui lui a valu nombre de privilèges et exemptions. Ses « porcelaines à la mode d’Angleterre » sont très prisées, et Chambrette se sent à l’étroit dans les limites du territoire ducal. Il désire étendre son marché, mais pour exporter vers la France, les taxes à acquitter sont coûteuses, la concurrence est rude. Les manufactures de Lunéville triomphent.

Or, à Saint-Clément, petite bourgade à 10 km à l’est de Lunéville, il est possible de bénéficier d’une fiscalité douanière allégée. Cette terre d’évêché, « annexée » par Louis XIV un siècle plus tôt, bénéficie en effet d’un régime fiscal différent, et les taxes à l’exportation vers le Royaume de France y sont sept fois moins importantes. Pour Chambrette, qui vise les exportations vers le Nouveau Monde, une «délocalisation » apparaît vite une excellente solution, et la manufacture est construite en 1758 !

Au XIXè siècle, les deux Manufactures que sont Lunéville et Saint-Clément ont réuni leurs outils de production sur le site de Saint-Clément.


– Quand Marie-Antoinette se fournissait à Saint-Clément –

En 1763, la jeune manufacture est achetée par Richard Mique, architecte de Stanislas et Paul-Louis Cyfflé, sculpteur. Ceux-ci vont assurer à l’entreprise prospérité et renom.

Cyfflé apporte à Saint-Clément ses modèles de statuettes, et Lemire, son talentueux élève, sera un des premiers modeleurs. Les modèles de Cyfflé, appréciés des collectionneurs connaissent une nouvelle jeunesse à l’aube du XXIe siècle…

Richard Mique, appelé à Versailles par Marie Leszczynska, y déploie tout son talent et devient vite son premier architecte. Il est adopté ensuite par la nouvelle Reine. Marie-Antoinette, la « femme de France qui marche le mieux » selon un auteur contemporain séduit par la légèreté de sa démarche et la fierté gracieuse de son port de tête, a en fait un goût pour la simplicité. Elle veut pouvoir vivre « une vie de bergère » avec ses amis, et révoquer ainsi les contraintes de l’étiquette dans son domaine du Petit Trianon. En 1785, elle demande à Richard Mique, son architecte favori, de remodeler le Petit Trianon de Le Nôtre et de le convertir en “parc à l’anglaise”. Pour orner les jardins, Richard Mique fait réaliser 1 500 « pots à la Reine » à la Manufacture de Saint-Clément. Ces pots, peints en camaïeu bleu de grand feu, d’une guirlande de fleurs et de nœuds, dits “nœuds d’amour” portent le monogramme de Marie-Antoinette dans un médaillon. L’ensemble est caractéristique du nouveau style adopté par la Reine et signe ainsi l’abandon du style rocaille. Le “style Louis XVI” est introduit à la manufacture.

Un seul “pot à la reine” original a survécu à la Révolution, et a été heureusement conservé dans les réserves du Musée National de la Céramique de Sèvres. La manufacture de Saint-Clément l’a réédité en 2007, et il orne à nouveau les balcons et terrasses du Hameau de la Reine.

A la veille de la Révolution, les modèles créés par des sculpteurs de talent sont moulés puis décorés à l’or fin ou en « réverbère », (c’est-à-dire de peintures aux riches couleurs rouges obtenues avec le fameux pourpre de Cassius (précipité de sels d’or) cuit au petit feu) par une centaine de faïenciers. Ces nombreux vases et jardinières de style rocaille, puis Louis XVI, seront repris au XIXe siècle pour le bonheur des collectionneurs.

La période révolutionnaire n’épargne pas Saint-Clément, qui voit son riche propriétaire périr sur l’échafaud. La dure concurrence anglaise et les débuts de la porcelaine rendent la vie difficile pour les faïenceries, et beaucoup fermeront leurs portes avant 1840.


– La période Thomas : Saint-Clément aux Expositions Universelles –

Saint-Clément devra son salut, certes à la qualité de son personnel, mais aussi à l’audace d’un notable local. Lorsque Germain Thomas se marie à Saint-Clément en 1799, il a tout juste 20 ans et se déclare apprenti maréchal ferrant. Tour à tour taillandier, aubergiste, puis cultivateur, son caractère entreprenant l’amène, dès 1824, à acheter des parts de la manufacture « Mique & Cie » aux multiples héritiers. La génération suivante, devenue l’unique propriétaire, saura s’entourer de directeurs et d’artistes compétents pour mener la manufacture jusqu’à la fin du siècle.

Saint-Clément est présente aux expositions de l’Industrie et obtient en 1827 une mention honorable du Jury, une médaille d’or en 1838 et 1839. En 1838, le rapport de l’exposition des produits de l’industrie du département de la Meurthe fait l’éloge de Saint-Clément en ces termes : “Il est simple de vous présenter le résultat de nos examens sur la faïence de Saint-Clément, car les pièces exposées attestent l’habileté et le soin qui ont procédés à leur fabrication. Les formes en sont belles, convenables, la pâte en est blanche, homogène, toujours de la même teinte, recouverte d’un vernis dur, résistant au couteau et procurent ainsi à la faïence de Saint-Clément l’avantage de lutter avec la couleur. Cette fabrique qui occupe un grand nombre d’ouvriers est une des plus intéressantes du département”

L’exposition universelle de Paris en 1878, longuement et minutieusement préparée, permet d’exposer au public des pièces d’exception, dont certaines retrouvées, seront présentées cet été à Saint-Clément, une première !


– Charles et Emile Gallé à Saint-Clément –

Alexandre Thomas nouera une fructueuse collaboration avec Charles et Emile Gallé. Créateurs de modèles et marchands à Nancy, ils feront éditer leurs dessins à Saint-Clément de 1864 à 1876. La mode de l’époque est à la reprise des modèles du XVIIIe siècle, et les Gallé excelleront à remettre au goût du jour les anciennes productions de Saint-Clément. Le style « Marie Antoinette » fait à nouveau fureur. Les services aux blasons héraldiques et les lions de cette période sont très recherchés. Emile, fort de sa passion pour la botanique, peint les humbles fleurs lorraines sur ses faïences, le service herbier, décoré de pois ou de pousses de haricots triomphe. Les services de table aux fines fleurs sauvages, peintes dans une douce polychromie en qualité fine ont été appréciés de la clientèle jusque dans les années 1920… Son goût pour la nature et sa fascination pour les céramiques japonaises ont permis à Gallé de balbutier, sur les faïences de Saint-Clément, les premiers décors de l’Art Nouveau.


– 1892 : la réunion avec Lunéville –

C’est Keller et Guérin, propriétaires de la manufacture de Lunéville, qui feront revenir Saint-Clément dans le giron de la faïencerie mère, après 130 années d’une vie autonome bien remplie. La Société K&G, qui a succédé aux Chambrette depuis 1786, est alors en plein essor, et domine le marché français depuis que sa grande rivale, Sarreguemines, a été annexée par l’Allemagne en 1870. Sous la signature « SC-KG » de nombreuses pièces décoratives et services de table peint-main seront produits Saint-Clément, qui garde sa vocation de faïencerie d’Art, aux côtés de Lunéville, manufacture industrielle qui compte près de 1 000 ouvriers. Les décors Vieux Delft, Vieux Rouen, Renaissance, Réverbère fleur, coq, chinois, les barbotines perpétuent la tradition…


– 1923-2006 : la saga des Fenal –

Cette famille a marqué le Lunévillois de son empreinte. Nicolas Fenal, notable local, prend en main les destinées de la manufacture de Pexonne au moment même où Germain Thomas s’active à Saint-Clément. Ses descendants portent la manufacture au niveau industriel, et l’un d’eux, Théophile, crée sa propre manufacture à Badonviller en 1896. Théophile, élu député de l’arrondissement, est un personnage important. Dans son entreprise, il applique les lignes de son programme électoral : « L’union du capital et du travail », et développe une politique sociale novatrice et ambitieuse : participation aux bénéfices, caisses de secours, etc. En 1923, il achète les manufactures aux associés K&G, sans repreneur dans la famille, et regroupe ainsi trois grandes manufactures de la Lorraine Sud.

Celui-ci, puis son fils Edouard, poursuivent dans la même tradition, créant à Lunéville un nouvel atelier d’Art avec les frères Mougin, éditant à Saint-Clément tout un bestiaire en craquelé créé par des sculpteurs de renom pour les Grands Magasins Parisiens : les trésors de la période de l’Art Déco.

En 1980, le groupe s’ agrandit encore avec le rachat des manufactures du groupe (Sarreguemines, Digoin, Vitry-le-François et Salins).


– Vers une nouvelle jeunesse –

Saint-Clément, la dernière manufacture en activité sur le secteur est reprise en décembre 2006 par le groupe « Faïence et Cristal de France » qui réunit ainsi quatre manufactures au long passé prestigieux, toutes consacrées aux arts de la table : la faïencerie de Niderviller, les cristalleries de Vallerystahl et Portieux.

Le nouveau groupe lorrain, « Terres d’Est » a la volonté de faire revivre les splendeurs du passé. Déjà, des vieux moules sont retrouvés dans les greniers, et de nouvelles faïences sont créées au goût des amateurs éclairés du XXIe siècle. La re-création d’une figure mythique de Lunéville, le Nain Bébé, disparue dans l’incendie du château en janvier 2002 sera le symbole de la perpétuation du savoir-faire à l’occasion des 250 ans de la manufacture..

Depuis 2012, les Manufactures sont rachetées par Jean-Claude Kergoat et sa société Les Jolies Céramiques, et continuent leur développement vers l’élégance et le raffinement.

Remerciement : Catherine Calame pour sa participation au texte.
Visitez le site internet de la manufacture : http://www.terresdest.fr/fr/


Le musée de la faïence

1 rue Keller et Guérin
Tél : 03-83-74-06-55

 

Lundi : 14h – 18h
Mardi : 9h – 12h / 14h – 18h
Mercredi : 9h – 12h / 14h – 18h
Jeudi : 9h – 12h / 14h – 18h
Vendredi : 9h – 12h / 14h – 18h
Samedi : 9h – 12h / 14h – 18h

Entrée gratuite
Sur rendez-vous


– La fondation –

Les faïenceries de Lunéville – Saint-Clément furent fondées par Jacques Chambrette au XVIIIe siècle. Elles connurent un vif succès grâce à la présence de la cour ducale et à la production d’une faïence fine dont les formes s’inspiraient de l’orfèvrerie. Deux artistes célèbres sont rattachés à l’histoire de ces manufactures : Richard Mique, architecte de Marie-Antoinette, qui fit réaliser à Saint-Clément 1 500 pots pour orner le jardin du Petit Trianon et Paul-Louis Cyfflé qui façonna de charmantes statuettes fabriquées dans une matière proche de la porcelaine.

– Les évolutions –
Sous l’appelation Keller et Guérin, les deux faïenceries connurent un second essor à partir de la fin du XIXe siècle grâce à la création d’un atelier artistique auquel participèrent de grands noms de l’Art Nouveau : Emile Gallé, Ernest Bussière, Edmond Lachenal, Alfred Renaudin, puis de l’Art Déco : Joseph et Pierre Mougin, Géo Condé et Charles Lemanceau.Suite à la fermeture de l’usine de Lunéville, le site fut réhabilité en zone d’activité économique à partir de 1983.Dans les anciens ateliers demeure un magasin d’usine et au 1er étage, un espace muséal qui présente une collection de faïences de Lunéville, Saint-Clément, Lille, Sarreguemines et de Delft (Pays-bas).

Les origines de la broderie

L’histoire de la broderie à Lunéville remonte au XIVème siècle, mais ce n’est que trois siècles plus tard qu’elle se développe grâce à une présence plus fréquente des ducs de Lorraine dans leur résidence de Lunéville. Les artisans-brodeurs adoptent alors le nom de cette ville pour désigner leur broderie au point de chaînette afin de mieux se faire connaître. Son essor s’amplifiera au XVIIIème siècle avec l’installation de la cour ducale au château de Lunéville.
Après une période de crise à la révolution, la dentelle au point de Lunéville connaît un très grand succès au XIXème siècle grâce à la mode des “colifichets féminins” initiée par l’impératrice Joséphine

Son évolution

En 1850, l’aiguille est remplacée par le crochet. Puis vers 1865, Louis Ferry révolutionne la technique de la broderie en inventant la broderie perlée de Lunéville. L’objectif ? Relancer la production parallèlement à la création de la haute couture. La technique des “lunévilleuses” connaît vite un grand succès favorisé par la mode de l’Art Nouveau, puis celle des Années folles.
Sous l’impulsion du Conservatoire, cette broderie est aujourd’hui élevée au rang de haute valeur patrimoniale et artistique.

Château de Lunéville
cour des communs
54300 Lunéville
tél: 03-83-74-48-13
www.broderie-luneville.com