On ne peut évoquer l’histoire de Lunéville sans parler de son Château, qui fait l’objet d’un vaste programme de restauration après le terrible incendie de janvier 2003 et de mise en valeur culturelle et touristique. L’église Saint-Jacques, de style rococo, est un des monuments religieux des plus surprenants. Le théâtre à l’italienne fait la fierté des connaisseurs en raison de son acoustique exceptionnelle.

Lunéville est aussi un territoire où se sont ancrées de nombreuses traditions. La culture maraîchère, à la fin du XIXe siècle, a fait la réputation du salsifis et du melon de Lunéville.

L’art de la broderie perlée a fait le tour du monde, comme la renommée des brodeuses de Lunéville. La faïence, une tradition de près de trois siècles, a porté le nom de Lunéville aux quatre coins du monde.

Surnommée la cité cavalière, Lunéville a compté jusqu’à dix compagnies de Gendarmes Rouges. En 1939, on compte encore à Lunéville deux régiments de dragons, soit près de 2000 chevaux. Actuellement, le 53e RT rassemble encore plus de 1000 militaires.

Aujourd’hui, Lunéville est une ville de près de 20 000 habitants résolument tournée vers l’avenir, qui compte près d’un millier d’entreprises, avec une large prédominance du secteur tertiaire. Le tissu associatif y est représenté par près de 140 associations. Des équipements sportifs et culturels de qualité offrent de nombreuses activités pour tout public. Plus de 7500 jeunes sont scolarisés dans trente écoles et établissements allant de la maternelle au supérieur. Des structures spécifiques petite enfance accueillent les 0–6 ans.

Noyée dans un écrin de verdure, Lunéville offre à ses habitants les avantages d’une ville à la campagne, respectueuse de l’environnement et soucieuse de la qualité de vie. Ses nombreux charmes ne peuvent que séduire.

L’histoire de Lunéville a été marquée par plusieurs périodes de prospérité qui font aujourd’hui la richesse de notre patrimoine artistique. Lunéville connut une renommée internationale durant le Siècle des Lumières lorsqu’elle devint la capitale artistique et intellectuelle de la Lorraine, puis au XIXe siècle où elle fut le siège du plus important camp de cavalerie de France. L’histoire millénaire de Lunéville vous est résumée en une quinzaine d’évènements marquants. Xe siècle Naissance de Lunéville autour de deux pôles fondés par le comte Folmar : le premier château et l’abbaye Saint-Rémy qui connut un important essor à partir du XIIe siècle. Début du XIIe siècle La construction d’une première enceinte est la dernière phase marquant la transformation du noyau urbain en véritable agglomération.

De 1243  à nos jours

– 1243 –
Rattachement de la seigneurie de Lunéville au duché de Lorraine par le duc Mathieu II.


– 1470-1477 –

Guerre entre le duché de Lorraine et le duché de Bourgogne. Lunéville est plusieurs fois assiégée


– 1587 –

Construction d’une enceinte bastionnée par le duc de Lorraine Charles III. XVIIe siècle Cette époque est troublée par de nombreuses guerres (guerre de religion et Guerre de Trente Ans) qui entraînent une rapide décadence économique de Lunéville et une forte baisse démographique. Lunéville est en grande partie dévastée.


– Vers 1610 –

Reconstruction du château par le duc de Lorraine Henri II.


– 1697 –

La signature du traité de Ryswick mit fin aux guerres qui ravageaient la Lorraine et permit à Léopold Ier (1699-1729) de régner sur ses états.


– 1702 –

Léopold Ier s’installe à Lunéville pour tenir tête aux troupes françaises qui occupent sa capitale, Nancy. Le duc de Lorraine, qui releva la Lorraine de ses cendres, fit reconstruire Lunéville et son château.


– 1729-1737 –

François III succède à son père. Il laisse rapidement la régence à sa mère, Elisabeth-Charlotte d’Orléans, nièce de Louis XIV. En 1736, il épouse la future impératrice d’Autriche, Marie-Thérèse. Il donne ainsi naissance à la dynastie Lorraine-Habsbourg. Puis il céda ses états à la France en échange du Grand-duché de Toscane.


– 1737 –

Stanislas Leszczynski, roi détrôné de Pologne et beau-père de Louis XV, se voit attribuer en viager le duché de Lorraine par le roi de France. Grâce à Stanislas, Lunéville devint un des hauts lieux de diffusion des idéaux des Lumières en Europe


– 1766 –

À la mort du roi Stanislas, le duché de Lorraine est définitivement réuni à la France. 1766-1788 Une prestigieuse unité d’élite, les gendarmes rouges, est envoyée en garnison à Lunéville par Louis XV.


– 1814-1815 –

Lunéville est envahie à deux reprises par les armées russes et bavaroises durant les guerres de l’Empire.


– 1824-1848 –

Le prince Louis-Aloïs Hohenlohe, qui avait obtenu une partie du château de Lunéville en viager pour son dévouement à la cause de Louis XVI, fonda un camp de cavalerie à Lunéville. Le camp fut dissout en 1848 mais demeura la plus importante garnison cavalière de France.


– 1870-1871 –

Durant la guerre franco-prussienne s’illustrèrent quatre régiments de cavalerie de Lunéville lors de la célèbre charge dite de Reichshoffen qui sauva l’honneur français. Suite au traité de Francfort, Lunéville devint une ville de frontière. Son importance militaire fut renforcée, sa population et son économie connurent un essor prodigieux.


– 1914-1918 –

La 2ème Division de Cavalerie en garnison à Lunéville participa à tous les grands faits d’armes de la Première Guerre mondiale. Lunéville fut occupée du 22 août au 12 septembre 1914 par les troupes allemandes.


– 1939-1945 –

En septembre 1939, la 2ème Division de Cavalerie aux ordres du général Berniquet se porte aux frontières. Elle combat en Ardennes, dans la trouée de Sedan puis dans la Somme au sud d’Alleville. En juin, submergée par les chars à Saint-Valéry-en-Caux, elle reçoit l’ordre de cesser le feu. L’armée allemande occupe Lunéville du 18 juin 1940 au 16 septembre 1944.

De grands noms de l’histoire française sont nés ou ont séjourné à Lunéville. Nous vous proposons ici la biographie de quelques uns de ces personnages qui ont marqué la vie artistique, intellectuelle et politique de notre nation.

– Georges de La Tour –
Vic-sur-Seille 1593 – Lunéville 1652

Fils de boulanger, Georges de la Tour acquiert très tôt la passion de la peinture. L’importance qu’il donne à la lumière est visiblement inspirée du souvenir des lueurs du fournil.

Bien qu’ayant peu d’informations, les historiens de l’art imaginent que sa formation s’est déroulée en Italie auprès du peintre Guido Reni. En 1620, il s’installe à Lunéville, ville natale de son épouse Diane Le Nerf fille d’un argentier du duc de Lorraine Henri II. Il y réalise la majeure partie de son oeuvre. À partir de 1631, sa célébrité dépasse les frontières de la Lorraine et, en 1634, il se rend auprès du roi Louis XIII qui lui achète plusieurs toiles. À son retour en 1640, le peintre trouve une région dévastée par la guerre. Il décède en 1652 au cours d’une épidémie de peste.

Au début de sa carrière, il réalise des scènes diurnes de facture détaillée dans une lumière froide. Il s’inspire des oeuvres du Caravage mais réduit le tableau à ses données essentielles créant une atmosphère silencieuse (Le Tricheur à l’as de carreau, Louvre, La Diseuse de bonne aventure, New York). Dans les scènes nocturnes, la lumière réduit les volumes à des plans géométriques dans une gamme de tons bruns (Saint-Jean-Baptiste au désert, Musée Georges de la Tour à Vic-sur-Seille, La femme à la puce, Musée historique lorrain à Nancy, Job raillé par sa femme, Musée départemental des Vosges à Épinal) renouant d’une manière originale avec la spiritualité qui sous-tend l’oeuvre du Caravage. Mais Georges de La Tour crée une ambiance recueillie et évite le versant dramatique propre au peintre italien.


– Henry Desmarest –

Paris 1662 – Lunéville 1741

Élève de Lully, maître de musique de la maison professe des jésuites de Paris, il s’enfuit à l’étranger à la suite d’une grave affaire judiciaire. Après avoir résidé à Bruxelles et en Espagne, il remplit les fonctions de surintendant de la musique à la cour de Lorraine. Sous l’influence de Lully et de Delalande, il fut l’un des principaux acteurs du renouveau de l’opéra français. Les oeuvres de sa période lorraine témoignent de l’enrichissement de son style auprès de musiciens étrangers: longues fugues chorales, contrepoint dense autorisant de surprenantes audaces harmoniques, mysticisme fort rare chez les compositeurs français du XVIIIe siècle.


– Mme de Graffigny –

Nancy 1695 – Paris 1758

Mme de Graffigny, née Françoise d’Issembourg d’Happoncourt, d’excellente famille, était séparée de son mari, homme brutal. Familière de la cour du duc Léopold Ier, elle fut à l’origine de la pléiade de lettrés qui fut accueillie à la cour de Stanislas. Elle passa de Lunéville à Cirey pour rejoindre Voltaire et Mme du Châtelet, puis partit à Paris en 1743. Elle y tint un salon, et obtint un vif succès avec ses Lettres d’une Péruvienne (1747), puis avec un drame, Cénie (1750). Un poète de la cour de Stanislas, Panpan Devaux, échangea fidèlement avec elle deux milles lettres qui constituent un témoignage exceptionnel de l’histoire intellectuelle française du XVIIIe siècle.


– Émilie le Tonnelier de Breteuil, marquise du Châtelet –

Paris 1706 – Lunéville 1749

Femme de lettres et scientifique, Emilie du Châtelet fut l’une des premières femmes de la noblesse à accepter les principes philosophiques du déisme. Elle correspondit avec Maupertuis, Euler, Clairaut, Bernoulli. Elle étudia Liebniz. Elle traduisit « Principia Mathematica » de Newton qui traite de la loi de la gravitation universelle et contient les principes essentiels de la mécanique. Elle eut une longue liaison sentimentale et intellectuelle avec Voltaire qu’elle accueillit dans son château de Cirey-sur-Blaise. Tous deux firent plusieurs séjours à la cour du roi Stanislas à Lunéville où elle mourut des suites d’un accouchement.


– Louis Stanislas Cécile Xavier comte de Girardin –

Lunéville 1762 – Paris 1827

Formé par Jean-Jacques Rousseau, il se montra partisan des idées nouvelles au début de la Révolution. Élu député à l’Assemblée législative, il siégea néanmoins aux côtés des monarchistes constitutionnels (feuillants) et se rapprocha de la cour. Il fut emprisonné sous la Terreur et libéré après le 9 Thermidor. Sous le Consulat, il siégea au tribunat (1799) dont il assuma la présidence (1802). Préfet en 1812, puis aux Cents-Jours, il fut disgracié après Waterloo. Nommé préfet de Côte-d’Or en 1819, il devint un des chefs de l’opposition libérale.


– François Nicolas Benoît Haxo –

Lunéville 1774 – Paris 1838

Spécialiste de la guerre de siège et surnommé le « Vauban du XIXe siècle », il réalisa de nombreux travaux de fortification en France et à Constantinople (1807), et dirigea le siège d’Anvers (1832) dont il obtint la reddition en vingt-quatre heures.


– Émile Erckmann –

Phalsbourg 1822 – Lunéville 1899

Émile Erckmann, associé de 1847 à 1889 à Alexandre Chatrian, écrivit de nombreuses oeuvres littéraires et théâtrales inspirés des moeurs alsaciennes et lorraines. Suite à une mésentente avec son acolyte, Émile Erckmann emménage à Lunéville le 9 octobre 1884. Il y publia son dernier ouvrage « Fables alsaciennes et vosgiennes » en 1895. À son décès en 1899, un monument commémoratif fut édifié dans les jardins du château par Lucien Weissenburger et Ernest Bussière.


– Alexis François L’Hotte –

Lunéville 1825 – Lunéville 1904

L’Hotte était passionné de cheval. Saint-Cyrien à 17 ans, il fut nommé à la tête du manège de l’école de Saumur en 1864 pour devenir directeur de cette même école après la guerre de 1870. Il rédigea le règlement de la cavalerie qui resta longtemps la charte de cette arme. Il fut l’un des plus grands maîtres de l’art équestre.

 

Les Manufactures Royales de faïences de Lunéville Saint-Clément sont inscrites dans l’histoire de la ville depuis plus de 280 ans. Cette affirmation concerne la « grande faïencerie », mais Lunéville a également été le siège d’autres faïenceries dont les productions n’ont pas été négligeables.

La faïencerie de Lunéville a bénéficié du soutien des deux derniers ducs de Lorraine : Léopold, qui a présidé à sa création et Stanislas Leszczynski, roi de Pologne, qui lui a donné son titre de Manufacture Royale.

– Création de la faïencerie

Tout a commencé sous le règne de Léopold, duc de sang de Lorraine, qui reprend possession de son duché après le traité Ryswick en 1697. Bien que la Lorraine soit une terre indépendante, Louis XIV y a néanmoins installé ses troupes à Nancy pour protéger la France face à toute pression éventuelle de l’Empire austro-hongrois. Pour marquer son désaccord, Léopold déplace la cour à Lunéville. Le duc, soucieux de rétablir une vie économique et sociale digne de son épouse, Élisabeth Charlotte, fille de Monsieur, frère du roi, invite les artisans à s’installer à Lunéville qui devient la véritable capitale du duché.

En 1712, Jean Jacques Chambrette (1683-1751), faïencier à Dijon, obtient l’autorisation d’installer une faïencerie à Champigneulles pour le comte de Fontenoy. Le commerce avec Lunéville incite le faïencier à installer son fils Jacques comme marchand de faïence à Lunéville en 1722. Les Chambrette abandonnent ensuite le site de Champigneulles au profit de Lunéville et les premières pièces sortent de la manufacture créée en 1730. Élisabeth Charlotte, veuve de Léopold, accorde par lettres patentes des exemptions de charges pour la manufacture dirigée par Jacques Chambrette fils.

Léopold décède en 1729 et, n’ayant plus de successeur - son fils François ayant épousé Marie Thérèse d’Autriche, fille de l’empereur - Élisabeth Charlotte ne peut exercer qu’une brève régence et doit céder la place au roi Stanislas, qui reçoit le duché de Lorraine en viager. Stanislas poursuit la politique de soutien à la faïencerie. En 1749 celle-ci a le droit de fabriquer de la « Terre de pipe » : il s’agit d’une recette de pâte à faïence fine, pour imiter la mode anglaise.

A l’arrivée de Stanislas, en 1737, la Lorraine dispose d’un statut particulier : elle est classée comme « province étrangère du royaume de France ».  Elle peut donc commercer librement, mais ses productions sont lourdement taxées. C’est donc pour ces raisons économiques que Chambrette achète alors une terre à Saint-Clément, petite bourgade à 10 km à l’est de Lunéville.  Cette terre d’évêché, « annexée » par Louis XIV un siècle plus tôt, bénéficie en effet d’un régime fiscal différent, les taxes à l’exportation y étant sept fois moins importantes. Pour Chambrette, qui vise les exportations, y installer une « succursale » apparaît vite une excellente solution et la construction de la manufacture débute en 1758.

A la mort de Jacques Chambrette les deux sites sont séparés pour des raisons d’héritage et le site de Lunéville perd de sa vitalité. Ces pertes ont pour principales causes : une mauvaise gestion du site, la mésentente familiale et le départ de la cour après la mort de Stanislas ; Lunéville doit être mis en vente.

- Une nouvelle dynastie : Les Keller et Guérin

En 1786, la faïencerie est rachetée par Sébastien Keller et Jean-Alexandre Cuny. L’objectif est de relancer la production. C’est ce qu’arrivera à faire Sébastien Keller, né en 1750 à Schenkenzelle, dans le grand duché de Bade. Avec ses associés successifs, Jean-Alexandre Cuny d’abord, puis Claude Drouin, il va redonner un essor économique au site lunévillois. Les nouveaux propriétaires s’emploient à agrandir la faïencerie et à construire un moulin à plâtre. Progressivement, le nombre de salariés augmente. En 1813, Keller rachète le site de Domèvre. Il décède en 1829 et selon les statistiques préfectorales de l’époque, il est reconnu comme le seul maître de l’entreprise.

Son successeur, Sébastien François Auguste Keller s’associe à Charles Nicolas Guérin et ils fondent une société portant leur nom ; Les deux noms resteront associés, leurs initiales (KG) devenant ensuite identitaires des productions de Lunéville. L’entreprise devient de plus en plus importante. Les membres des deux familles s’investissent dans la vie de la ville. Ce sont des employeurs ouverts aux nouvelles technologies et qui encouragent la création artistique. En plus des productions habituelles, ils participent à des mouvements artistiques innovants comme le Japonisme et surtout l’Art Nouveau.

A la fin du XIXème siècle, l’atelier d’art animé au sein de l’entreprise par Maurice de Ravinel attire de nombreux artistes de renom : E. Bussière, L. Majorelle, E. Lachenal… C’est aussi grâce à eux que se développent des idées sociales nouvelles. Ils repèrent également les jeunes talents - l’un des plus célèbres est Alfred Renaudin - qui contribuent à créer de nouveaux modèles aux décors originaux.

L’entreprise est si prospère qu’elle peut racheter en 1892 le site de Saint-Clément qui restera définitivement dans le même groupe que Lunéville. Durant cette période, la production est très variée. La clientèle dépasse largement les frontières et le nom de Lunéville est connu dans toute la France, voire à l’étranger. Elle dispose même d’un dépôt à New York.

N’ayant plus de repreneur de l’entreprise dans la famille, les Keller et Guérin revendent en 1923 leurs actions à la famille Fenal, qui devient majoritaire. Edouard Fenal, puis son fils Bernard, gèrent l’ensemble des sites. Mais des difficultés apparaissent car les modes de vie changent et la demande en faïence diminue. Le nombre d’ouvriers régresse.

En 1968, un grave incendie freine la production du site, ce qui pourtant n’empêche pas le groupe de s’agrandir avec le rachat en 1978 des manufactures de Sarreguemines, Digoin, Vitry-le-François et Salins-les-Bains, Mais le déclin s’accélérant, la manufacture cesse toute activité en 1983.

Actuellement, il n’y a plus de production à Lunéville, seul le site de saint-Clément survit.


– Lunéville, ville faïencière

La ville de Lunéville n’a pas seulement été le siège de la « Grande faïencerie » qui a marqué tout un quartier de son empreinte ; elle est aussi la ville qui a vu naître la faïencerie de Paul Louis Cyfflé en 1768.

Cet artiste né à Bruges (1724) s’installe à Lunéville en 1746 et travaille chez Barthélémy Guibal, sculpteur attitré du roi Stanislas. Il s’associe brièvement avec Charles Loyal, gendre de Chambrette, pour gérer le site de Saint-Clément. Mais il reprend très vite son indépendance et ouvre en 1768 sa propre faïencerie où il cherchera à faire des œuvres aussi « fines que porcelaine ». Ses pièces en « terre de Lorraine » sont en tous points remarquables, mais malgré ses réussites, il n’arrive pas à faire vivre son entreprise et quitte Lunéville en 1779. Il revend tous ses biens, y compris ses moules, à d’autres manufactures qui rééditeront ses modèles au XIXème siècle. Cyfflé meurt en Belgique en 1806 dans la misère.

Il faut également retenir d’autres noms qui ont contribué à la renommée faïencière de Lunéville:

La fabrique Evrat (1750-1860), spécialisée dans l’art culinaire, jouit d’une excellente réputation et participe en 1855 à l’exposition Universelle de Paris.

L’entreprise Mouginot (vers 1750 – 1863) produit des pièces essentiellement utilitaires et surtout culinaires. Ce type de faïence prend le nom de de « culs noirs » ou « terres à bouillir »

En 1756, la manufacture Grandmougin s’installe à Viller, quartier où se situe déjà l’entreprise Chambrette. En 1818, le propriétaire s’associe à Marchal. L’entreprise se développe mais l’appellation de Grandmougin disparaît. La dénomination est alors « Marchal et Carré » du nom du nouvel associé ; La production est uniquement poêlière. L’hiver 1845 est si rigoureux que les gelées paralysent l’entreprise qui fait alors faillite. Marchal se retire des affaires et est remplacé par Evrat. L’entreprise fermera définitivement en 1883.

Un peu plus tardivement, est créée la manufacture Armbruster, dont le fondateur François Joseph est le neveu de Sébastien Keller. Après avoir travaillé chez Keller, il fonde en 1807 sa propre fabrique de faïence blanche et de poêles. L’entreprise fermera en 1863.

La faïencerie Bajot a fonctionné de 1892 à 1912 ; elle était spécialisée dans la fabrication de poêles et de balustres en terre cuite.

Texte conçu par les « Amis de la Faïence Ancienne de Lunéville Saint Clément ».

Sources :

GRANDJEAN Marie-Ange : « Jacques Chambrette et la faïencerie de Lunéville » Mémoire de maîtrise – 1983 – Université de Nancy II

HERY Annabelle : « La faïencerie de Lunéville 1786-1923 les Keller et Guérin », 1998 Edition Messene

 Archives départementales : AD54 série B

Découvrir la Faïence

La Mairie de Lunéville a confié à l’Association des « Amis de la Faïence de Lunéville Saint Clément » la charge d’animer une salle d’exposition.

Les visites se font sur demande auprès de la Maison du Tourisme de Lunéville 03 83 74 06 55

Entrée 2 euros –visite guidée assurée par les membres de l’association

Pour toute information, prendre contact avec l’association via le site :

www.amisfaienceluneville.fr

Les origines de la broderie

Il est compliqué pour l’historien de trouver des preuves de l’existence de brodeurs à Lunéville avant le XVIII° siècle. Cette  activité se développe grâce à l’installation du duc Léopold à Lunéville. La construction du château, son aménagement et la présence d’une cour vont attirer les brodeurs. Toutefois peu habitent sur place. Les factures établies par la veuve Lamoureux, par exemple, parlent de déplacements de Nancy à Lunéville pour plusieurs jours. Autre exemple, selon la thèse de Sarah Lebasch[1]    François Lamoureux est fournisseur de Léopold et on retrouve  le dénommé  Jean Baptiste I Lamoureux sous Stanislas ; il a même obtenu le titre de brodeur du Roi de Pologne, Stanislas est alors duc de Lorraine[2].

Somme, il y a une activité assez intense de broderie, mais il est difficile de retrouver des brodeurs habitants Lunéville. C’est au XIX° siècle que l’on voit apparaître des entreprises de broderie. Mais toutes les brodeuses ne sont pas des ouvrières, beaucoup travaillent à domicile et ne sont pas compter dans les effectifs des manufactures. Ce travail est souvent considéré comme un travail d’appoint.

[1] Sarah LBEASCH : « Elisabeth-Charlotte d’Orléans (1676-1744) : une femme à la mode » ; Université de Nancy II, 2009-2010

[2] Albert JACQUOT : « Essai de répertoire des artistes lorrains brodeurs et tapissiers de haute lisse » ;Paris : Librairie de l’Art ancien et moderne, 1906

Son évolution

C’est sans aucun doute Joséphine de Beauharnais, qui redonne ses lettres de noblesse à la broderie Lorraine. Celle qui sera impératrice vient prendre les eaux à Plombières(1798). L’accident, dont elle est victime en juin, reste dans les annales de la ville. Pendant son séjour elle découvre le travail des brodeuses locales, qui font de la broderie blanche[1] ; elle emporte ces fabrications à Paris et en relance la mode. L’engouement se généralise, les commandes deviennent importantes.

A Lunéville on brode sur du tulle au point de chaînette, on brode tout d’abord à l’aiguille puis au crochet à partir de 1850. Les femmes exécutant ce travail sont appelées les « Lunévilleuses » ; le point de Lunéville est né. Leur travail est reconnu, pour preuve les demoiselles Gazottes réalisent le voile de baptême pour l’Aiglon en 1811.

 Vers 1865, Louis Ferry révolutionne la technique de la broderie en inventant la broderie perlée de Lunéville. L’objectif ? Relancer la production parallèlement à la création de la haute couture. La technique des « lunévilleuses » connaît vite un grand succès favorisé par la mode de l’Art Nouveau, puis celle des Années folles.

Guerres et crise économique ont raison des entreprises de broderie. Mais des passionnés, la famille Rémy, créent en 1999 le Conservatoire de la Broderie de Lunéville François-Rémy, cette broderie est aujourd’hui élevée au rang de la haute couture, d’une grande valeur patrimoniale et artistique. Le Conservatoire permet de découvrir l’histoire fabuleuse de la broderie ainsi que les créations des grands couturiers.

​Le conservatoire abrite également un centre de formation à la broderie de Lunéville et à la broderie perlée. Les formations sont assurées par Aude Rémy, Brodeuse haute couture.​

[3] La broderie blanche au plumetis et au crochet est utilisée pour la lingerie, l’ameublement.

 

Conservatoire de la broderie de Lunéville François-Rémy
Château de Lunéville
Cour des communs
Place de la 2ème Division de Cavalerie
54300 Lunéville
tél: 03-83-74-48-13
www.broderie-luneville.com

Ouvert tous les jours de 14h à 18h (sauf le mardi) - entrée gratuite