
Il semble que ce fut la présence de la cour à Lunéville qui détermina le développement des jardins au XVIIIe siècle. Les parcs, ménageries, orangeries ou melonnières des ducs de Lorraine occupaient un nombreux personnel spécialisé. Après la disparition de la cour en 1766, les horticulteurs continuèrent d’exercer leur métier ; beaucoup devinrent propriétaires.
Au début du XIXe siècle, les jardins maraîchers prirent un essor important grâce à des conditions locales particulièrement favorables.
Le sol de la terrasse offrait des terrains composés de sables argileux fins et légers ; la plaine alluviale constituée d’argiles fines, excellentes lorsqu’elles pouvaient être drainées. Les rivières (Vezouze et Meurthe) pourvoyaient largement à tous les besoins de l’arrosage. Et les diverses garnisons de cavalerie dispensaient généreusement un abondant fumier. Mais le caractère industriel qu’avait pris la culture des légumes à Lunéville était dû, avant tout, à la proximité de débouchés importants. Ces pays montagneux trop humides et trop froids pour des plantes délicates étaient les Vosges, d’abord, puis la Sarre, le Luxembourg et la Suisse.
En 1929, Lunéville groupait les deux cinquièmes des terrains maraîchers du département et se rangeait ainsi parmi les premiers centres maraîchers de l’Est de la France.
D’après Charles BURGARD, «Les fonctions urbaines de Lunéville», 1939, Le Pays lorrain, 204-217 p.