1 - La Poste aux Chevaux, 1 place de la 2e DC

Cette maison est une propriété privée, non visitable.

Une grande maison dont le portail est surmonté d’une tête de cheval en pierre. C’était un relais de la poste aux chevaux au XIXe siècle. L’immeuble avait remplacé l’église des Minimes, disparue à la Révolution et dont le couvent avait lui-même remplacé autrefois l’hôpital Saint-Genest. La cour, très vaste, était propice aux évolutions des équipages de jadis.    

Un souvenir reste attaché au lieu, celui des frères Muller, grands artistes verriers qui avaient connu un succès prodigieux, portant leur nom jusqu’à l’étranger entre les deux guerres de 14-18 et 39-45 alors que les ateliers fonctionnaient rue Sébastien Keller.

2 - La Tour Blanche, rue de la Tour Blanche

Elle a grande allure, dressée fièrement contre la façade postérieure de la maison du 19 de la rue qui porte son nom. Récemment restaurée et ravalée, elle s’harmonise avec le décor du parc qui l’environne.
Qu’on ne s’y trompe pas, son nom est tout simplement celui de l’entrepreneur qui la bâtit.
Elle est incluse dans une vaste propriété, faite autrefois de terrains vagues, concédée en trois parcelles successivement de 1705 à 1710, par le duc Léopold à son premier médecin, Jean Baptiste Alliot. Celui-ci les transmet en 1712, par acte de donation entre vifs, à Simonaire, secrétaire des commandements. Simonaire fait bâtir deux belles maisons contre la Tour Blanche. Elles sont acquises en 1754 par le personnage, au patronyme bien connu des Lunévillois et au prénom charmant, Florimont de la Lance. Au moment de la Révolution, après plusieurs autres mutations, la propriétaire, la citoyenne Morgane, quoique aristocrate, donne ou fait semblant de donner des gages de républicanisme à la société populaire des Sans Culottes de Lunéville, notamment en la gratifiant d’un tableau de caractère révolutionnaire. Cependant, elle a des ennuis et la propriété de sa maison lui est contestée en vertu de la loi de la Convention qui dépossède les gens ayant bénéficié de largesses de la part des souverains. Elle se défend en arguant d’une clause restrictive en faveur de ceux qui ont bâti des immeubles d’habitation. Elle est ainsi réintégrée dans ses droits par arrêt du tribunal de Lunéville le 21 messidor de l’an 2.
En 1801, au traité de Lunéville, Joseph Bonaparte est hébergé dans cette maison par
le Comte de Frenelle, mari de la citoyenne Morgane.    
Par la suite, le Comte de Pleurre devient possesseur des deux maisons. Il restaure adroitement la Tour et prolonge les maisons par une troisième du côté de la rivière, car il a une famille nombreuse.
Dans le jardin, on peut voir, outre La Tour Blanche, un long pan de muraille, large et solide. C’est ce qui reste des plus anciennes fortifications avec la tour Blanpain et le vestige du 7 de la rue de la République.

3 - Les écuries des Gendarmes Rouges, rue Valot-Chrétien

La caserne du château, représentée par deux grandes ailes qui limitent latéralement la cour d’honneur, a toujours été un quartier de cavalerie privilégié. Elle était, du temps des Ducs, séparée par une grille des petites ailes du château, qui faisaient partie des locaux palatiaux. Elle a logé les Gardes de Léopold, de Stanislas, puis les Gendarmes Rouges.    

Ses grandes chambres bien éclairées et ses vastes écuries, qui occupaient toute l’étendue du rez-de-chaussée des bâtiments, étaient remarquables. Elles furent remaniées car les vastes chambres étaient plus favorables à l’extension des épidémies. Les écuries furent déplacées vers ce qui devint la rue Valot-Chétien, derrière les bâtiments des Cadets Gentilshommes de la rue Chanzy.

4 - Le Château des Ducs de Lorraine, place de la 2e DC

Au Moyen Âge, le Château est une forteresse bâtie au bord de la Vezouze, rivière qu’on appelle alors la Haute Seille, pour le Comte Hugues Ier ou son fils Hugues II à la fin du XIIe siècle et du XIIIe siècle.    
En 1624, le duc Henri II atténue la rudesse militaire du château par l’adjonction de pavillons d’habitation selon les plans des architectes Michel Marchal, Nicolas et Jean La Hiere et Jean Lyot, avec l’aide de l’ingénieur Jean Laprisi et du jardinier Hector Parent.
Les guerres contre Louis XIII et Louis XIV entraînent de grandes destructions en Lorraine et quand Léopold, réintégré dans ses Etats, vient résider à Lunéville pour échapper au contact trop proche de « l’occupant » français, il s’y fait construire une demeure. Il la veut magnifique et digne d’un souverain, inspirée de Versailles.
Le Château est entièrement reconstruit durant le 1er quart du XVIIIe siècle pour le duc Léopold. La 1ère campagne de travaux de 1703 à 1705 se fait sous la direction de l’architecte Pierre Bourdict (les deux bâtiments de l’avant-cour puis les ailes liées au corps central), les sculptures du fronton sont de Jean Vallier et César Hennequin. La charpente est de Dominique Campin.
La 2ème campagne de travaux commence à partir de 1708, sous la direction de l’architecte Nicolas Dorbay puis de Germain Boffrand : cuisines côté sud, bâtiments destinés au logement du duc.
La 3ème campagne, la plus importante, s’étend entre 1719 et 1723 (date d’installation définitive de la cour au château). Suite à un incendie qui détruit en partie le corps central et les bâtiments sud (projets de l’architecte Germain Boffrand), la reconstruction concerne la partie nord sur la rivière, les bâtiments sud, la chapelle avec ses décors intérieurs réalisés par les sculpteurs Jean Vallier, Barthélémy Mesny, Rémy Vuillaume, Louis Menuet, François Dumont, Barthélémy Guibal et le peintre doreur Nicolas Bedan. Les cheminées sont de Nicolas Le Chien tandis que la charpente est signée Jean Jobert.
Les jardins appelés Les Bosquets sont aménagés à partir de 1710 par Louis Gervais (dit Louis Ferdinand de Nesle) et Jean Dupré, sous la direction d’Yves des Hours. Les ingénieurs Lalance et Vayringe y installent des jets d’eau et cascades. Jacques Joseph Bordenave, Rémy François Chassel, Toussaint Bagard, Barthélémy Mesny, Jacob Sigisbert Adam et Nicolas Renard y réalisent des sculptures.
Stanislas, plus tard, n’y fait que des embellissements. C’est le Château actuel. Après son installation en 1737, l’essentiel des travaux concerne les jardins avec construction de pavillons et fabriques sous la direction de l’architecte Emmanuel Heré. De 1738 à 1740, c’est l’aménagement des « Petits Bosquets » et la construction des « Chartreuses ».
De 1740 à 1741 sont construits le « Kiosque » et le pavillon du « Trèfle ». Le « Rocher » est aménagé avec des automates par François Richard en 1742, ainsi que la « Cascade ».
Après un nouvel incendie et à partir de 1755, le Château est partiellement reconstruit par Emmanuel Heré. Après sa mort en 1766, les ajouts de Stanislas disparaissent progressivement. La période révolutionnaire amène son lot de destructions, ventes et
pillages. Les décors intérieurs et les statues du parc sont déménagés.    
En 1814, survient un nouvel incendie suivi d’une restauration vers 1825. Puis en 1849, le Château est la proie d’un nouvel incendie qui nécessite de très importants travaux en 1854-1855, portant sur l’aile sud et la construction d’un bâtiment sur la petite cour intérieure en 1855. En 1960, le portique de liaison entre les bâtiments sud est rétabli en remplacement d’un corps de garde militaire.
Un dernier incendie survient en 2003 dans les suites de sa cession par la Mairie au Conseil Général de Meurthe-Et-Moselle. Désigné comme plus grand chantier patrimonial d’Europe, les travaux de restauration sont en cours depuis 2004.
Durant tout le XVIIIe et le XIXe siècle, le parc des Bosquets fait au château une parure éclatante, à l’unisson des bâtiments.

4bis - La statue équestre du Général Lasalle, dans la cour du Château

Oeuvre de Cordier et fondue par les Frères Thiébaut, elle est campée fièrement dans la cour d’honneur du château. Cette statue est celle d’un valeureux militaire Antoine Collinet, Comte de Lasalle, né à Metz en 1775. Courageux et intrépide, il fait une brillante carrière dans l’armée à une époque propice aux épopées les plus glorieuses. Il est tué à Wagram, le 6 juillet 1809, à 34 ans, d’une balle en plein front, alors qu’il charge à la tête de ses escadrons. Sa statue, inaugurée le 9 octobre 1893, sorte de cocorico lancé dans une note revancharde, n’avait pas pu être érigée dans sa ville natale, alors annexée. C’est pourquoi elle fut  transférée à Lunéville dont les habitants n’aimeraient pas la voir repartir vers son lieu d’installation initialement prévu !
Après réparation des désastres, en 1919, on a conservé ce témoignage d’amitié patriotique. Lasalle est l’auteur des paroles de la chanson à boire « Fanchon » que la petite histoire se plaît à croire qu’il l’a écrite lorsqu’il était en garnison à Lunéville.   

5 - Statues d'Hercule et de Minerve dans les Bosquets

Les jardins des Bosquets, au temps de toute leur splendeur, contiennent de très nombreuses statues en pierre, disposées le long des allées ou en plomb, émergeant des bassins. Elles s’inspirent de la mythologie, comme à Versailles, dans le style qu’il est de bon ton d’imiter. Ce merveilleux ensemble est bradé à la mort de Stanislas par son gendre et héritier, Louis XV. Le Grand-Duc de Bade, Charles Théodore, en fait l’acquisition pour sa résidence de Schwetzingen (ville maintenant jumelée avec Lunéville). Il paye ces belles fontaines 10 sous par livre de plomb. Il n’est resté chez nous qu’une part infime de ces trésors.    

Les statues d’Hercule et de Minerve, au bout de la grande terrasse, dues à Nicolas Renard, et quatre autres, Apollon, Diane, Flore et la Nuit, au centre celle du Parc, sont dues à Guibal. Celles-ci sont recueillies par un Lunévillois, resté anonyme, et mises en place en 1849, comme en témoigne une inscription au dos d’un socle. On a affirmé que d’autres pièces ont été abandonnées ignominieusement et utilisées pour des soubassements de maisons bourgeoises en construction.    

Charles Guérin est né à Lunéville le 29 décembre 1873 d’une famille de grands bourgeois. Jeune, beau, riche, sensible, il commence sa carrière de poète à peine âgé de 20 ans. En contact avec ses émules parisiens, plus ou moins célèbres, il perfectionne sans cesse son art. Il parvient à une forme magistrale quand une mort prématurée l’emporte à 33 ans, le 17 mai 1907. Un monument dû à Daillon et à Lachenal, abrité sous les hautes frondaisons des Bosquets, dans un décor qu’aurait aimé Charles Guérin, rappelle les traits de son beau visage. Il est inauguré le 24 octobre 1909 par Henri Bordeaux, romancier alors en vogue, aujourd’hui oublié.    

6 - Le Théâtre, place de la Comédie

A l’emplacement du Théâtre se trouvait d'abord le couvent des Sœurs Grises de Sainte-Élisabeth, franciscaines, installées en 1481 par René II. En 1712 Léopold le transféra à l'entrée de Villers, où est actuellement la maternité, et, à leur place, il fit construire en 1733 une salle de spectacle assez modeste dite Salle de Comédie, pour son épouse Elisabeth-Charlotte qui deviendra régente la même année. Incendié, il est remplacé par un théâtre, bâti par le duc François III, remanié par Stanislas et où Voltaire fit jouer et joua lui-même une de ses pièces. Donné à la ville par l'Etat en 1766, le Théâtre est partiellement reconstruit vers 1830 par l'architecte F. Châtelain et l'entrepreneur H. Gutton. Il fut entièrement détruit par un incendie en octobre 1908. Mené sous la direction du Nancéien Lucien Weissenburger, nommé architecte municipal de Lunéville en 1890, les travaux de l'actuel théâtre commencent dès 1909. Ils sont exécutés par l'entrepreneur lunévillois Henri Masson et se terminent à la fin de 1910. Une particularité du théâtre réside dans l’indépendance des accès aux étages. Chaque niveau est desservi par deux escaliers dont la disposition en X permet au public de sortir sans se rencontrer sur les paliers, ce qui facilite une évacuation rapide et ininterrompue vers l'extérieur. Selon les dispositions du théâtre à l'italienne, la salle prévue pour 940 spectateurs, se répartit sur plusieurs niveaux : orchestre, parterre et baignoires, un étage de loges à la française puis deux étages de galeries de "paradis" où reposent les pendentifs d'une fausse coupole couvrant la salle. La circonférence est couronnée d'une délicate peinture de fleurs exécutée par un artiste local, Auguste Ramel, et est agrémentée de sculptures d’Henri Bussière. En plaçant la façade antérieure au Sud, sur la place de la Comédie, l'architecte rompt avec l'orientation de l'ancien théâtre totalement lié au château et ouvre définitivement le bâtiment vers la ville. En revanche, il conserve la partie classique qui s'intègre de façon harmonieuse avec l'architecture du château. Sur la façade, en haut et à droite, la comédie est évoquée par deux enfants dont l'un brandit un masque venant tout droit de la commedia dell'arte et l'autre un poignard rappelant la tragédie classique. A gauche, pour symboliser l'opéra, un jeune garçon chante et un autre joue du violoncelle.

 

7 - Immeuble de Panpan Devaux, 1 rue de la Commanderie

Dans la partie de la rue de la Reine qui va de la rue de Lorraine à la place Stanislas, s’élève un grand immeuble de sobre élégance. La façade tournée vers le château compte quatre rangs de fenêtres d’un dessin rigoureusement classique. La porte, rue de la Reine, de style Renaissance, coiffée d’un fronton triangulaire qui encadre une niche, vide de sa statue, mène directement au pied d’un escalier dont les volées se jettent d’un étage à l’autre dans un mouvement assez surprenant.
Là, demeurait à la fin de sa longue vie, François Antoine Devaux, dit Panpan, lecteur de Stanislas. Sous la révolution, craignant des tracasseries à cause de sa noblesse, aussi récente que gênante, il envoya une timide pétition au club des Sans-culottes. On fut indulgent.

8 - La Maison du Traité, 61 rue de Lorraine

Cette maison est une propriété privée, non visitable.

Cette maison est remplie de souvenirs et d’Histoire. A cet endroit, s’élève en premier l’Hôtel de Beauvau-Craon détruit en 1779. Le bâtiment actuel est construit sur le même site, pour Lanière (maire royal de Lunéville entre 1772 et 1789). Les Gendarmes Rouges en font leur hôpital particulier pendant qu’ils sont en garnison à Lunéville (entre 1762 et 1788).

Dans l’immeuble actuel, alors qu’il est la résidence et la propriété du sous-préfet Lejeune, le traité de Lunéville entre Joseph Bonaparte et le comte de Cobentzel est signé le 9 février 1801. Aujourd’hui, c’est une habitation particulière. Le heurtoir de la porte cochère porte la date de 1781. Un monogramme, MK, rapporté sur la rampe d’appui de l’escalier fait référence à l’un des anciens propriétaires, Edmond Keller, maire de Lunéville entre 1870 et 1871.

9 - Les Capucins

Cette maison est une propriété privée, non visitable.

La rue des Capucins ou du Général Leclerc tient son nom des Capucins, qui s’y maintiennent de 1633 à la Révolution à l’issue de laquelle la communauté est dispersée. L’établissement est vendu comme bien national le 12 avril 1792. Les Capucins étaient des religieux catholiques dont la robe de bure de couleur brun-marron avait une capuche. Ils appartenaient à une des nombreuses réformes de l’Ordre de Saint-François d’Assise. Les Capucins portaient la barbe et étaient des frères mendiants à l’allure pauvre et austère.

Au numéro 6, la maison bâtie à la place du couvent a été habitée par la famille Guérin, propriétaire de la faïencerie. Ses dimensions exceptionnelles, le riche mobilier de ses multiples salons en faisaient une résidence fastueuse.
Là naquit en 1873 et vécut Charles Guérin, poète élégiaque et tendre. Il occupait l’appartement du premier étage dans l’aile en retour de la rue. Il reçut la visite de Verlaine.

10 - L’ancien collège Bichat, 2 rue René Basset

On peut définir comme date de fondation du collège municipal celle du traité passé le 4 juin 1730 entre la ville et les chanoines de Saint-Rémy, qui leur confiait l’enseignement secondaire. L’établissement, rue Banaudon, occupait la place du square, il était séparé du couvent par le potager des moines.
Au début de la Révolution, le collège est emporté par les événements. Il n’est rétabli qu’après des tâtonnements, en 1804, dans l’ancien local. En 1806, les bâtiments, trop vétustes, sont démolis. Les classes sont transférées dans une partie de l’Hôtel de Ville. En 1846, la ville achète, pour installer son collège, la propriété Brisac, ancienne maison de Sonnini, près des Halles, place Léopold. La cour de l’immeuble est précédée d’une terrasse que ferme une élégante balustrade en pierre, de style Louis XV, assez inattendue en cet endroit. Elle vient du château de Chanteheux, bâti par Stanislas et qui a été démoli après la mort du souverain. Les débris, mis en vente, avec le reste, sur l’ordre de Louis XV, sont vendus, achetés et utilisés par Sonnini, premier occupant des lieux.

11 - Abbaye Saint-Rémy des Chanoines de Saint-Augustin, 2 place Saint-Rémy

Elle comprend au XVIIIe siècle l’église et les bâtiments qui l’entourent au Nord, à l’Est et au Sud. Aliénés au moment de la Révolution, ceux du Nord et de l’Est deviennent l’Hôtel-de-Ville, ceux du Sud le collège Municipal et l’Ecole Mutuelle. L’escalier de l’Hôtel de Ville et quelques pièces portent bien le cachet du XVIIIe siècle.
L’origine de l’Abbaye remonte à la fondation de la ville. Bâtie par le comte Folmar, en 999, près du château fort, elle est incendiée et finalement reconstruite sous le Duc François III aux lieux et places de la mairie actuelle. Cette puissante Abbaye possède des biens considérables. Elle est dissoute pendant la Révolution.
Un vaste bâtiment, dont la fondation est attribuée aux chanoines réguliers, est devenu par la suite le collège municipal de la place Léopold. Sa façade est plus que banale mais l’escalier du bâtiment ancien, certaines de ses pièces, la balustrade du préau avec des socles dont la forme des ornements rappelle ceux des statues des Bosquets, présentent quelques intérêts.    

12 - Presbytère Saint-Jacques, 1 place Saint-Rémy ou Ancien hôtel abbatial Saint-Rémy

Créée au Xe siècle et occupée par des chanoines réguliers de l’ordre de Saint-Augustin à partir du XIIe siècle, l’abbaye connaît un nouveau souffle au XVIIIe siècle. En 1728, les chanoines lancent un vaste projet de reconstruction tandis que l’abbé entreprend l’édification d’un hôtel particulier sur le site de l’hôtel des Rhingraves. C’était une maison fief qui appartenait, en 1638, au seigneur de Crévic Malclerc avant de devenir la propriété des Princes Sauvages du Rhin.
L’hôtel comprend un sous-sol, un rez-de-chaussée surélevé, un étage carré et un comble. Les parties latérales,ajoutées à la fin du XVIIIe siècle, s’articulent maladroitement avec l’édifice primitif. Les distributions du rez-de-chaussée sont préservées.
Le décor intérieur est raffiné (lambris, sculptures, gypseries identiques à celles du Château). Les caves conservent un certain nombre de dispositifs des cuisines qu’elles abritaient au XVIIIe (cheminées, vivier, potager, pierres à eau, évier, four à pain). Le jardin du presbytère fait l’objet d’une valorisation par la présentation d’un jardin de curé avec ses carrés des simples (plantes médicinales). Ce jardin est accessible par la rue des Templiers.   

13 - L'église Saint-Jacques, 1 place Saint-Rémy

L’église Saint-Jacques primitive se trouvait à quelques dizaines de mètres de l’église actuelle vers l’est. Elle faisait partie de l’Abbaye Saint-Rémy reconstruite à partir de 1730 pour les chanoines réguliers de Saint-Augustin, d’après des plans de Jean-Nicolas Jadot ou Jean-Nicolas Jennesson
La nouvelle église commencée en 1745 sous le dernier Duc François III est terminée par les soins de Stanislas en 1747 par les architectes Romain d’abord, pour la partie inférieure dans un style classique, puis par Héré dans un style rococo pour la partie supérieure.
La transaction entre Stanislas et les chanoines est simple :
Stanislas finance la fin des travaux et l’église abbatiale Saint-Rémy devient paroissiale Saint-Jacques en remplacement de la vieille église devenue dangereuse pour les paroissiens. Durant la Révolution, l’abbaye disparaissant, une partie des bâtiments conventuels est détruite pour ouvrir une rue (rue des Templiers).
En 1798, le bâtiment abbatial côté Est devient hôtel de ville. En 1802, le logis abbatial (corps Ouest) devient presbytère de la paroisse.
En 1812, un aménagement intérieur de la partie Est du corps Sud (entre hôtel de ville et chevet) transforme le bâtiment en collège.
En 1813, la construction de la partie Ouest du corps sud prolongeant le chevet lui donne son allure générale.
En 1877, l’architecte lunévillois Emile Bajot modifie la façade du corps Sud avec la création d’escaliers extérieurs, la pose de balcons et d’une balustrade de toiture.
L’église est remarquable par ses merveilleuses boiseries, stalles, chaire, portail, oeuvres non pas des chanoines eux-mêmes, comme on l’a écrit parfois, mais de François Vallier, maître sculpteur à Lunéville. Ces éléments architecturaux ont suscité l’admiration des chanoinesses de Remiremont, réputées pour leurs richesses et leurs fastes ; elles en commandèrent de semblables à l’artiste pour leur couvent.
Primitivement les vitraux sont de verre blanc, ils sont remplacés en 1862 par d’horribles grisailles. Celles-ci, à leur tour, disparaissent, à l’initiative du curé Gérardin, pour des vitraux clairs, compromis entre les deux genres.
La sacristie a un bel autel en bois sculpté. Son ornementation de style Louis XV, où s’attardent quelques éléments de style Régence, ferait dater l’oeuvre de 1720 environ. C’est une pièce évidemment rapportée, mais d’où vient-elle ? Peut-être du mobilier de l’abbaye de Beaupré qui est mis en vente, ou donné pour les objets religieux, le 12 juin 1792 par le ci-devant Marquis Alexandre de Saujon. Celui-ci a acheté l’abbaye, classée bien national après l’expulsion des moines, et devient agriculteur. Il cache ainsi son identité d’aristocrate et d’officier du roi.

13bis - Saint-Michel et Saint-Jean Népomucène en haut des tours de Saint-Jacques

Ces deux statues couronnent les tours de l’église Saint-Jacques. Elles sont de Guibal, illustre artiste de Lunéville. Aussi éloignées du regard, il est difficile d’en apercevoir les détails. Le Saint-Michel a été démonté à la suite d’une
attaque par la foudre. Sa réparation et sa repose sont à l’étude.    
Dans l’église, on peut admirer quatre statues à l’intérieur du sanctuaire :    
- les statues du Sacré-Coeur et de la Vierge, dans le transept, dues à Victor Huel, sculpteur nancéien,    
- dans le bas de l’église, un Saint-Joseph de marbre blanc et une Pietà datée du XVIIe et qui viendrait donc d’une église plus ancienne.

14 - L'ancienne église Saint-Jacques, rue de la Charité

À l’origine, l’Abbaye Saint-Rémy, fondée en 999 par le comte Folmar II, sert de paroisse aux gens de Lunéville. Peut-être y a-t-il quand même une petite chapelle dans la ville, c’est possible et même probable. Quoi qu’il en soit, les habitants émancipés vers 1265 par la charte communale que leur accorde le Duc Ferry III, veulent un jour avoir leur église paroissiale. C’est celle de Saint-Jacques qui est bâtie, à la fin du XIIIe siècle ou au début du XIVe siècle.
Elle s’élève à la place de ce qui deviendra plus tard la Charité.
Une petite rue, à la place de la rue de la Charité, longe le mur de l’église au nord. Un pauvre sentier longe le mur du midi, mène aux remparts et traverse le cimetière :
on enterre les morts au pied du sanctuaire, à l’Est et au Sud. Il arrive encore actuellement que les terrassiers découvrent des ossements en fouillant le sol à cet endroit.
Plus tard, Stanislas décide que l’église Saint-Jacques est trop délabrée et la fait démolir. Le service paroissial est alors confondu avec le service abbatial dans la nouvelle église dont Stanislas finance l’achèvement. Le monarque la veut magnifique et reprend le projet de François III parti en Toscane. L’oeuvre terminée est consacrée en 1745. Les habitants ont tant de regrets qu’ils n’adoptent jamais le vrai patronyme de la nouvelle église, Saint-Rémy, et ils lui conservent le nom de Saint-Jacques.
Que reste-t-il de l’ancienne église Saint-Jacques ?
D’abord une belle niche Renaissance en pierre sculptée, sur les lieux mêmes qu’elle occupait autrefois. Elle abritait une statue en bois sculpté et coloré, de Saint-Jacques, venant elle aussi de la vieille église. L’originale a été placée dans les réserves du musée du Château et est remplacée par une copie en ciment dans les années 80. C’est cette statue en ciment qui, après plusieurs détériorations, vient d’être restaurée en 2015.
Quelques autres éléments viennent de l’ancienne église et se retrouvent dans la nouvelle :
- le tableau de Girardet, représentant, non pas Saint-Joseph, mais, paraît-il, le vieillard Siméon portant l’enfant Jésus,
- le tableau de Van Schuppen, « L’Institution du Rosaire » qui date du début du XVIIe siècle,
- un riche autel en marbre, exécuté en 1713 par Nicolas Renault de Nancy, qui est devenu le maître autel.

15 - La Charité, rue de la Charité

Une maison de charité est instituée en 1724 par le duc Léopold dans une ancienne propriété de la commanderie Saint-Georges (ancienne dépendance du Temple). Elle est tenue par des soeurs de Saint-Lazare, près de la place Saint-Jacques. Léopold l’échange contre la tour Blanpain. Plus tard, l’emplacement de la vieille église, démolie, permet d’agrandir l’établissement. Une porte est encore visible au numéro 2 de la rue de la Charité, avec, sur l’entablement, la date de fondation et cette devise à l’orthographe archaïque, entourée de gracieux angelots : «Faites bien, laissés dire».    
On notera réemploie sur la façade Ouest d’un chapiteau de l’ancienne église paroissiale de la ville édifiée à cet emplacement et détruite en 1745. En ce lieu, des soeurs de Saint-Vincent de Paul ont pour tâche essentielle de soigner les malades pauvres de la ville. Elles sont dispersées sans retour par les événements de la Révolution.
Depuis, ces lieux disparates ont accueilli des fondations diverses : école du centre, école de musique, asile de jour. Ils sont traversés par une impasse tortueuse, l’impasse Bony, qui mène à ce que les Lunévillois appelaient les casernes (détruites maintenant). En effet, la maison du fond donnant, par ailleurs, sur la place Saint-Jacques, a logé des gardes, du Duc puis du Roi. Dès le début du XIXe siècle, il s’y installe une fabrique de papiers peints et de cartes à jouer, maintenue jusqu’au XXe siècle. C’est dans cet étonnant cul-de-sac, d’aspect moyenâgeux, qu’un chercheur avisé peut découvrir quelques restes de la Tour Blanpain.
Le 1er septembre 1915, une bombe lâchée d’un d’avion allemand tombe dans la rue de la Charité, en plein marché, à la place marquée aujourd’hui par une croix de Lorraine, et fait un affreux massacre.

16 - La Tour Blanpain, impasse Bony

Elle arme l’angle sud-est de l’antique enceinte fortifiée. Sa ruine commence après le siège malheureux de 1630 et le démantèlement ordonné par Richelieu.
Cependant, elle demeure utilisable et le Duc Léopold la donne en usufruit à son contrôleur de la bouche, un sieur Blanpain, d’où son nom.    
À la mort du bénéficiaire, le même Duc, dans le cadre d’un arrangement avec la ville, en 1722, échange la tour contre des terrains qu’il désire pour établir la Charité. Plus tard, elle sert à aménager la prison communale.
On voyait encore naguère des sortes de casemates, peu éclairées par de petites fenêtres grillagées, qui étaient certainement les anciens locaux d’incarcération.
En 1743, on cesse d’y enfermer les délinquants et en 1749, elle est vendue, ou ce qui en subsiste, au sieur Sébastien Rousselot pour 1560 livres. Elle achève alors de se dégrader.
Ces derniers vestiges, encore imposants, reconnaissables à leur forme circulaire d’un diamètre intérieur de huit mètres, sont englobés dans les bâtiments qui servent de dépôt derrière le 25 rue Banaudon.    

Au sujet des fortifications :

- la première enceinte urbaine édifiée au XIIe siècle sur un plan quadrangulaire comporte une porte Est (porte Saint-Jacques) et une porte Ouest (porte Rose). On procède à une extension à l’Ouest sous le règne du Duc de Lorraine Raoul (1329-1343) englobant les actuelles rues de la République, Hargaut et Pacatte et comprenant quatre tours d’angle et trois portes : porte Saint-Jacques à l’Est, porte Saint-Nicolas au Nord, porte Saint-Georges au Sud.    
- la seconde enceinte bastionnée est construite entre 1587 et 1591 sous le duc Charles III par le capitaine Nicolas. Elle englobe le faubourg oriental dit d’Allemagne et compte sept bastions de terre. L’ensemble est détruit en 1634 et 1638. Il subsiste des éléments de l’enceinte du XIVe siècle : une partie de la courtine Ouest et une tour au 18bis rue de la Tour Blanche.    

Au sujet des remparts :

Il en reste un vestige dans le grand jardin situé derrière l’immeuble du 7 de la rue de la République, qui appartenait à la famille Guérin. Ce jardin est limité au sud et est séparé de celui des voisins par un mur épais, reste de l’enceinte fortifiée.

17 - Statue de la Vierge et Inscriptions républicaines, 1 rue Sainte-Marie

Autrefois, la rue Sainte-Marie hébergeait trois statues de la Vierge. Aujourd’hui, il n’en reste qu’une, sur un modeste support, à l’encoignure de cette maison où l’on a découvert récemment (1974) deux étonnantes ouvertures à ogives du XVe siècle. Deux autres encoignures étaient semblablement décorées mais les maisons ont été démolies.
D’autres statues de la Vierge, anciennes elles aussi, embellissaient les façades de la rue Sainte-Marie mais celle qui subsiste joue un rôle dans l’anecdote qui suit.
En 1930, la Vierge fut délogée par le propriétaire de la maison, libre-penseur, qui la remplaça par des plaques de marbre à sommet ogival, gravées d’inscriptions laïques et républicaines.
Plus tard, la Vierge qui avait été gardée secrètement en dépôt par le tapissier, locataire du magasin du rez-de-chaussée, fut remise en place.
Elle se retrouva alors encadrée par les textes délibérément agressifs.    
Ceux-ci furent finalement enlevés en 1965. Le temps avait effacé les discordes bruyantes.    

18 - Les vestiges de fenêtre « gothique flamboyant » du prolongement de la rue Sainte-Marie

Quelques vestiges apparus après des démolitions témoignent de l’ancienneté des murs qui se dressent là.
D’autres éléments subsistent. Ils sont désormais cachés par le bâtiment du Conseil Départemental de la place Rose.   

19 - Maison Louis XV, 4 rue Demangeot

Au numéro 4 de la rue Demangeot, une maison Louis XV, en grès rose, a grande allure. Depuis qu’on a démoli les masures qui lui faisaient face et empêchaient tout recul, elle produit son effet.
L’élévation antérieure de cette maison exceptionnelle date probablement du milieu du XVIIIe siècle. Avec un étage supplémentaire, elle rompt avec l’alignement des façades de la rue et s’en distingue par la qualité de son parement, constitué de pierres de taille dans un grès des Vosges gris-rose bigarré et par le soin particulier apporté par le décor de baies. Une corniche monumentale en pierre couronne la façade et dissimule la base du toit.   

20 - Maison Louis XV dite Maison du Marchand, 1 rue du Château

La maison de style Louis XV, appelée Maison du Marchand, située à l’angle de la rue du Château et de la rue de Lorraine, artistiquement sculptée, était bien abîmée par l’érosion. Elle a été récemment restaurée.
Ce bâtiment est l’un des plus remarquables de la ville. Construit en grès appareillé, il compte quatre niveaux séparés par des corps de moulure. Les baies en arc surbaissées sont ornées d’un décor typiquement rocaille : le linteau porte une large clef qui se termine en console saillante sur la corniche supérieure et les écoinçons sont décorés d’un feuillage finement sculpté.    
Sous la corniche, particulièrement importante ici, l’entablement est rythmé par des têtes de fauves et percé de petites ouvertures dissimulées par un ornement rocaille, probablement destinées à l’origine à ventiler le grenier. Des lucarnes à ailerons éclairent les combles. La toiture à pans brisés est couverte d’ardoises. Le remarquable décor historié, sculpté dans le chaînage d’angle, rappelle l’activité du premier propriétaire qui serait à l’origine de la construction, à savoir un marchand d’épices et de denrées orientales probablement au service du Duc et de la Cour de Lorraine.    
En témoignent la frise centrale décorée de barils et de tonneaux reliés par une corde ainsi que la partie supérieure composée d’un paysage urbain dans lequel se trouve un éléphant ainsi qu’une étrange tête d’indien formant console.   

21 - Maison Renaissance, 22 rue de Lorraine

Cette maison est intéressante à plusieurs titres : la porte d’entrée est cloutée, comme les portes de style sarrasin, qui se rencontrent fréquemment dans le sud-ouest de la France. Elle est dominée par un fronton orné d’un groupe de trois petits chanteurs en pierre sculptée. Au fond de la cour, dans un angle existait un ancien puits avec niche et encorbellement. Ces éléments datent de la Renaissance.
Nos ancêtres entendaient parfois gémir le fantôme d’un suicidé qui hantait les profondeurs du puits dans lequel il s’était précipité par désespoir d’amour.
Enfin, la façade de la cour supporte une galerie en bois, reliée à un vieil escalier extérieur, également en bois, qui développe sa spirale autour d’un énorme madrier, typique des escaliers lunévillois du XVIIIe siècle.   

22 - Hôtel particulier fin 18e, 29 rue Germain-Charrier

Cet hôtel particulier de la fin du XVIIIe siècle a été construit sur les restes de bâtiments du XVe comme en témoignent les vestiges de style gothique flamboyant sur son pignon oriental. De belles proportions et harmonieusement construit, cet immeuble a été divisé en deux parties.
L’intérieur présente de magnifiques boiseries et des pièces d’agréables proportions. Il faut noter une cour à l’italienne à l’arrière du bâtiment avec une galerie permettant de déambuler tout autour.   

23 - Rue de la Vieille Boucherie, ancien nom rue Germain Charrier

Lorsque les anciens Magasins Réunis ont été démolis, pour les rebâtir plus grands, ont été mises à jour des constructions insoupçonnées, notamment une fenêtre bigéminée, coiffée de deux ogives trilobées, grillée par un treillis en fer à larges et fortes mailles, datant du Moyen-Âge. Ces vestiges étaient visibles juste avant la reconstruction des bâtiments du Conseil Départemental, remplaçant l’immeuble construit après les Magasins Réunis.    
Située dans une cour très étroite, la grille éclaire d’un jour avare des lieux sombres et retirés derrière les maisons de la rue Germain Charier. Cette rue, dite autrefois de la Vieille Boucherie, groupait les étaux des différents bouchers de la ville dans un local où ceux-ci venaient débiter leurs marchandises, un marché en somme. Il semblerait que ce puissant grillage défendait une salle basse, où les réserves de viande étaient gardées à l’abri de la chaleur et des voleurs.
Indépendamment de ce bâtiment commercial commun, les bouchers avaient leurs maisons familiales individuelles, alignées pour la plupart dans la rue de la Grande Boucherie, prolongeant ainsi une forme moyenâgeuse. Cette rue fut appelée rue de l’Abattoir puis de la Tour Blanche.   

24 - L’urbanisme « à la Boffrand » de la rue de la République

Le Duc Léopold autorisa la construction d’hôtels particuliers dans la périphérie du Château avec franchise d’impôt à une condition : le respect du style « Boffrand ».
Celui-ci se caractérise par les fenêtres à cintre et agrafe centrale regroupées par deux ou trois, un linteau entre le rez-de-chaussée et le premier étage et surtout des façades sobres !
Cette unité de style donne une certaine sévérité aux rues, contrebalancée par la chaleur des cours intérieures, encore marquée aujourd’hui.

25 - Vestiges au 2 rue des Templiers

Le nom de la rue provient d’un établissement du Temple situé non loin de là, (proche de la place Saint-Jacques).
En levant la tête, il est possible de voir dans une cour intérieure, deux visages sculptés enchâssés dans les murs se faisant face. On peut reconnaître dans le premier, le visage d’une Vierge en pamoison. Le second est trop altéré pour y reconnaitre plus que le visage d’un homme. Ces vestiges proviennent sans doute d’un calvaire dont les pierres ont été récupérées pour la construction des bâtiments.
Plusieurs cimetières étaient en effet assez proches, celui de l’Abbaye Saint-Rémy (Square du Souvenir Français) et celui de l’Hôpital (rue Castara).   

26 - L'hôpital Saint-Jacques, rue Girardet

L’hôpital civil Saint-Jacques est créé en 1706 par Léopold 1er, qui a réuni, pour le construire, les biens des maisons hospitalières d’Einville, d’Ogéviller et de Lunéville. Il veut absorber et remplacer les différentes fondations antérieures.
Le petit groupe central des bâtiments construits par le Duc, malgré l’étendue restreinte des salles et des dépendances, suffit pour faire face aux exigences de l’hospitalisation des malades et de la population restreinte.
Dès lors que le nombre d’habitants augmenta et qu’aux hospitalisés urbains vinrent s’ajouter les malades et les blessés d’une garnison de plus en plus importante, la nécessité imposa d’étendre les bâtiments primitifs.    
On s’arrêta à des solutions étroites jusqu’au jour où la construction d’un bâtiment spécial pour les militaires fut décidée.
L’hôpital s’est donc développé peu à peu autour du cloître jouxtant la Chapelle. Cet élément central, d’une élégante simplicité présente un caractère florentin.
La Chapelle, très transformée ces dernières années, a perdu son ancien caractère composite qui alliait harmonieusement différents styles, de la Régence au Second Empire en passant par la Restauration.
Le badigeon neuf des murs a compromis les boiseries Louis XV des tribunes des malades. Les deux statues en bois, à l’entrée du choeur, de la fin du XIXe siècle, ont quitté leur richesse polychrome première pour des couleurs fades et sans relief. On a substitué aux vitraux anciens, sans doute jugés trop conventionnels, des images d’un modernisme tapageur. Une série de tableaux, un chemin de croix en terre cuite colorée et fait de charmantes figurines en bosse et un lustre en cristal à pendeloques ont également disparu. Le grand crucifix en bois sculpté qui domine l’hôtel d’une présence pathétique a heureusement pu être gardé.
Faut-il regretter l’enlèvement de la grille en fer dont le contour gracieux fermait le choeur ?
Aujourd’hui, la belle grille en fer ferme l’allée qui mène de la rue à la chapelle. Elle a été sauvée mais en simplifiant le portail en pierre qu’il y avait auparavant et qui n’était pas sans beauté.
La pharmacie abritait une nombreuse et inestimable série de pots en faïence du XVIIIe siècle, sur des étagères en bois, de même style. Ils venaient des manufactures de Lunéville et de Saint-Clément. En 1969 ces objets ont été transportés au musée de la ville. Ils ont malheureusement disparu dans l’incendie du Château le 2 janvier 2003.
L’hôpital a été agrandi et reconstruit en 2009 avec un très beau pavillon d’accueil dans le prolongement des anciens bâtiments, vers le Sud.

27 - La Synagogue, 7 rue Castara

construction d’une synagogue à Lunéville en 1785. Le chantier, financé en grande partie par le syndic de la communauté juive, Abraham Isaac Brisac, dure quinze mois. Il est dirigé par Augustin Charles Piroux (1749–1800), un personnage exceptionnel qui fut à la fois avocat, écrivain, architecte et en 1785, lieutenant de police de Lunéville. L’inauguration du bâtiment a lieu le 15 septembre 1786, premier jour de l’an juif marqué par les fêtes de Rosch-Hachanna.
La Révolution marque l’édifice par le martelage de certains symboles de la royauté.    

Tant pour le plan que pour l’aménagement intérieur, Piroux s’inspire directement de la synagogue de Metz.
Mais, à Lunéville, elle est édifiée derrière un bâtiment existant, servant d’écran pour dissimuler un culte toléré dès lors qu’il ne se voit pas de la rue (condition édictée par Louis XVI). En 1914, à la suite d’un incendie criminel dans lequel meurent le rabbin et sa fille de 13 ans et qui détruit la maison en bordure de rue, la synagogue dévoile son élégante façade précédée d’une large cour aujourd’hui fermée par une grille. À deux reprises durant le XIXe siècle, l’édifice est transformé. En 1853, l’aménagement intérieur, conforme à la tradition judaïque, disparaît, et en 1870, l’adjonction d’une abside semi-circulaire à l’Est modifie considérablement le plan, le calquant sur celui d’une église catholique.    
Malgré ces remaniements, la synagogue reste un édifice exceptionnel. Classé monument historique en 1980, c’est, en France, l’un des rares édifices religieux juifs à être antérieur au décret d’émancipation de 1791, et il est le seul à continuer à accueillir le culte depuis l’époque de sa construction.

28 - Statue de la Vierge, à l'angle des rues Banaudon et de la République

Elle repose sur un piédestal haut, important, au galbe généreux, dans une niche élégante. De style Louis XV, elle date de l’époque où Lunéville, favorisée par le choix de Léopold d’en faire sa résidence, prend un essor extraordinaire. La rue Banaudon se construit en deux rangées d’immeubles cossus.   

29 - Les Chanoinesses de Saint-Augustin, 45 rue de la République

Cette maison est une propriété privée, non visitable.

Une partie du bâtiment date de 1671. Il abrite des chanoinesses de Saint-Augustin, ordre créé par Saint-Pierre Fourier, pour l’éducation des jeunes filles. Elles arrivent dès 1625 et commencent leur ministère près de la porte Joly (carrefour des rues Banaudon et de la République). L’établissement dispense une éducation distinguée. Il fonctionne avec succès jusqu’en 1791, moment où les tracasseries des révolutionnaires dispersent les congrégations religieuses.
Cet ancien couvent est vétuste et assez délabré. La cour garde cependant de l’allure avec son escalier monumental en pierre, de forme très particulière : les volées ont des courbes inaccoutumées, audacieuses. Un cartouche datant du XIXe siècle, sculpté en relief dans la pierre d’un montant, porte une croix de Lorraine et la date de fondation, 1671.
Dans une opérette, à grand succès jadis, c’est ce couvent qui subit l’assaut mené par un charmant petit duc adolescent, désireux de récupérer sa femme, qu’on tient éloignée de lui, parce qu’on le trouve encore trop jeune pour user de ses droits de mari.
La maison reconstruite au XVIIIe siècle, possède trois travées et trois niveaux. Une mouluration particulièrement vigoureuse caractérise l’encadrement des baies, aux linteaux décorés d’arcs segmentaires. Les plus grandes fenêtres sont situées au deuxième niveau éclairant l’étage noble. L’entrée est inscrite dans une travée latérale et possède un large portail fortement marqué par une structure en bossage.

30 - Hôtel particulier, 50 rue de la République

Cette maison est une propriété privée, non visitable.

L’ampleur des constructions du 50 de la rue de la République traduit la mesure des moyens de celui qui les fait édifier. Un vaste corps de bâtiment sur la rue est séparé d’un autre, presque égal, par une cour carrée, d’où part un majestueux escalier de pierre à rampe en fer forgé, et se prolonge encore plus loin par une aile latérale agrémentée d’un jardin. Ce jardin, situé en plein coeur de la ville, dans sa partie la plus ancienne, se retrouve cependant à un niveau surélevé, accessible par un escalier de douze marches.    
Il paraît tel qu’on se représente volontiers les jardins des hôtels citadins du XVIIIe siècle. Dimension moyenne, haute clôture formée par des murs du voisinage, à peine ou pas de fleurs mais deux arbres, très hauts qui tamisent fortement la lumière du ciel.
Tout est retiré, secret, loin du bruit, chargé d’une grandeur mélancolique. Quand on s’y attarde à rêver, on s’attend à voir s’ouvrir la porte mystérieuse du pavillon du fond et s’écarter le feuillage qui la voile, pour laisser passer quelques légers fantômes : princesse de Clèves, amoureuse et pensive… petite duchesse Nicole, triste et délaissée…

31 - Saint-Michel psychopompe, 55 rue de la République

La dernière maison de la rue de la République est située à l’emplacement du vieil Hôpital Saint-Genest du côté Ouest de la place du château et porte sur sa façade un Saint-Michel triomphant du démon. L’Archange, très finement sculpté, incurvé dans un mouvement harmonieux, terrasse le dragon. Il tient une lance pour rappeler qu’il est le juge du mérite des âmes au seuil de l’éternité. Cette statue est posée sur un socle et sous une niche remarquable d’élégance. La construction de l’immeuble remonte au temps des derniers religieux qui occupèrent l’Hôpital Saint-Genest.   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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