De grands noms de l’histoire française sont nés ou ont séjourné à Lunéville. Nous vous proposons ici la biographie de quelques uns de ces personnages qui ont marqué la vie artistique, intellectuelle et politique de notre nation.

Georges de La Tour

Vic-sur-Seille 1593 - Lunéville 1652

Fils de boulanger, Georges de la Tour acquiert très tôt la passion de la peinture. L’importance qu’il donne à la lumière est visiblement inspirée du souvenir des lueurs du fournil.

Bien qu’ayant peu d’informations, les historiens de l’art imaginent que sa formation s’est déroulée en Italie auprès du peintre Guido Reni. En 1620, il s’installe à Lunéville, ville natale de son épouse Diane Le Nerf fille d’un argentier du duc de Lorraine Henri II. Il y réalise la majeure partie de son oeuvre. À partir de 1631, sa célébrité dépasse les frontières de la Lorraine et, en 1634, il se rend auprès du roi Louis XIII qui lui achète plusieurs toiles. À son retour en 1640, le peintre trouve une région dévastée par la guerre. Il décède en 1652 au cours d’une épidémie de peste.

Au début de sa carrière, il réalise des scènes diurnes de facture détaillée dans une lumière froide. Il s’inspire des oeuvres du Caravage mais réduit le tableau à ses données essentielles créant une atmosphère silencieuse (Le Tricheur à l’as de carreau, Louvre, La Diseuse de bonne aventure, New York). Dans les scènes nocturnes, la lumière réduit les volumes à des plans géométriques dans une gamme de tons bruns (Saint-Jean-Baptiste au désert, Musée Georges de la Tour à Vic-sur-Seille, La femme à la puce, Musée historique lorrain à Nancy, Job raillé par sa femme, Musée départemental des Vosges à Épinal) renouant d’une manière originale avec la spiritualité qui sous-tend l’oeuvre du Caravage. Mais Georges de La Tour crée une ambiance recueillie et évite le versant dramatique propre au peintre italien.

Henry Desmarest

Paris 1662 - Lunéville 1741

Élève de Lully, maître de musique de la maison professe des jésuites de Paris, il s’enfuit à l’étranger à la suite d’une grave affaire judiciaire. Après avoir résidé à Bruxelles et en Espagne, il remplit les fonctions de surintendant de la musique à la cour de Lorraine. Sous l’influence de Lully et de Delalande, il fut l’un des principaux acteurs du renouveau de l’opéra français. Les oeuvres de sa période lorraine témoignent de l’enrichissement de son style auprès de musiciens étrangers: longues fugues chorales, contrepoint dense autorisant de surprenantes audaces harmoniques, mysticisme fort rare chez les compositeurs français du XVIIIe siècle.

Mme de Graffigny

Nancy 1695 - Paris 1758

Mme de Graffigny, née Françoise d’Issembourg d’Happoncourt, d’excellente famille, était séparée de son mari, homme brutal. Familière de la cour du duc Léopold Ier, elle fut à l’origine de la pléiade de lettrés qui fut accueillie à la cour de Stanislas. Elle passa de Lunéville à Cirey pour rejoindre Voltaire et Mme du Châtelet, puis partit à Paris en 1743. Elle y tint un salon, et obtint un vif succès avec ses Lettres d’une Péruvienne (1747), puis avec un drame, Cénie (1750). Un poète de la cour de Stanislas, Panpan Devaux, échangea fidèlement avec elle deux milles lettres qui constituent un témoignage exceptionnel de l’histoire intellectuelle française du XVIIIe siècle.

Émilie le Tonnelier de Breteuil, marquise du Châtelet

Paris 1706 - Lunéville 1749

Femme de lettres et scientifique, Emilie du Châtelet fut l’une des premières femmes de la noblesse à accepter les principes philosophiques du déisme. Elle correspondit avec Maupertuis, Euler, Clairaut, Bernoulli. Elle étudia Liebniz. Elle traduisit « Principia Mathematica » de Newton qui traite de la loi de la gravitation universelle et contient les principes essentiels de la mécanique. Elle eut une longue liaison sentimentale et intellectuelle avec Voltaire qu’elle accueillit dans son château de Cirey-sur-Blaise. Tous deux firent plusieurs séjours à la cour du roi Stanislas à Lunéville où elle mourut des suites d’un accouchement.

Louis Stanislas Cécile Xavier comte de Girardin

Lunéville 1762 - Paris 1827

Formé par Jean-Jacques Rousseau, il se montra partisan des idées nouvelles au début de la Révolution. Élu député à l’Assemblée législative, il siégea néanmoins aux côtés des monarchistes constitutionnels (feuillants) et se rapprocha de la cour. Il fut emprisonné sous la Terreur et libéré après le 9 Thermidor. Sous le Consulat, il siégea au tribunat (1799) dont il assuma la présidence (1802). Préfet en 1812, puis aux Cents-Jours, il fut disgracié après Waterloo. Nommé préfet de Côte-d’Or en 1819, il devint un des chefs de l’opposition libérale.

François Nicolas Benoît Haxo

Lunéville 1774 - Paris 1838

Spécialiste de la guerre de siège et surnommé le « Vauban du XIXe siècle », il réalisa de nombreux travaux de fortification en France et à Constantinople (1807), et dirigea le siège d’Anvers (1832) dont il obtint la reddition en vingt-quatre heures.

Émile Erckmann

Phalsbourg 1822 - Lunéville 1899

Émile Erckmann, associé de 1847 à 1889 à Alexandre Chatrian, écrivit de nombreuses oeuvres littéraires et théâtrales inspirés des moeurs alsaciennes et lorraines. Suite à une mésentente avec son acolyte, Émile Erckmann emménage à Lunéville le 9 octobre 1884. Il y publia son dernier ouvrage « Fables alsaciennes et vosgiennes » en 1895. À son décès en 1899, un monument commémoratif fut édifié dans les jardins du château par Lucien Weissenburger et Ernest Bussière.

Alexis François L’Hotte

Lunéville 1825 - Lunéville 1904

L’Hotte était passionné de cheval. Saint-Cyrien à 17 ans, il fut nommé à la tête du manège de l’école de Saumur en 1864 pour devenir directeur de cette même école après la guerre de 1870. Il rédigea le règlement de la cavalerie qui resta longtemps la charte de cette arme. Il fut l’un des plus grands maîtres de l’art équestre.