Un espace muséal flambant neuf proposant expositions permanentes et temporaires

L’ancien presbytère, abandonné depuis plusieurs années, a été transformé par la municipalité en un espace muséal à part entière. Cet édifice de 1 000 m² sur 2 étages, proposant déjà des expositions sur son rez-de-chaussée depuis 2016, a poursuivi sa mue par une remise en état complète de l’étage, de la toiture, des volets, du jardin... Le Conseil Municipal, conduit par Jacques Lamblin a voulu proposer aux Lunévillois une nouvelle offre culturelle. Il est le fruit d’un véritable travail d’équipe en régie et avec les prestataires extérieurs. Les institutions publiques et privées ont su collaborer pour obtenir un résultat optimal, sous la direction de Jean-Louis Janin Daviet, chargé de conservation.

En 2016, l’Hôtel abbatial accueillait une première exposition sur Stanislas Leszczynski et les siens. En 2017, c’est une exposition sur Emilie du Châtelet qui attirait près de 27 000 visiteurs, et ce grâce à un partenariat avec la CCTLB ; et en novembre 2018 nous offrions temporairement une exposition relatant la guerre de 1914-1918. Au printemps, l’Hôtel Abbatial a réouvert ses portes dans son nouvel écrin : de la couleur, du mobilier et des pièces à l’éclat retrouvé, des tissus aux teintes variées, des murs repris en imitation pierre de taille, des plinthes en faux marbre... Il propose à ses visiteurs 3 univers sur 2 étages : l’art africain, les arts du feu, un appartement du XVIIIe siècle de l’aristocratie ou de la haute bourgeoisie de province.

C’est la création d’un musée participatif fait de proximité, amorçant un véritable changement dans le rapport entre l’espace muséal et le public. Un rapport fondé sur des échanges, des prêts, des apports mutuels, permettant à plusieurs collectionneurs, en collaboration avec le chargé de conservation, de développer un projet commun. L’objectif : créer une relation spécifique avec différents acteurs de l’art, et pousser les usagers à devenir acteur et mécène du lieu, remettre l’objet et le lieu au cœur de la visite. L’Hôtel Abbatial est constitué pour partie d’objets acquis par la ville, mais 90% des collections proviennent de dons, de mécénats, ou de mises à disposition. Ce qui a pour avantage d’en faire un espace muséal vivant, à la fois permanent et éphémère, dont les décors évoluent, proposant régulièrement une nouvelle approche.

Des collectionneurs français et internationaux mettent à disposition le mobilier, les œuvres d’art et les collections à titre grâcieux. Les objets ont été sélectionnés pour restituer l’exacte atmosphère d’une maison de famille des années 1750, avec des objets choisis au plus juste. Ce qui en fait un lieu bien spécifique, loin d’un énième musée, mais bel et bien une maison des arts décoratifs qui permet aux curieux d’entrer dans les secrets d’une maison familiale de l’époque.

 

Regardes d'Afrique

Le rez-de-chaussée est consacré à une exposition temporaire intitulée « Regards d’Afrique ». Elle permet de découvrir la collection du Dr Philippe Crigel et de nombreuses facettes du continent à travers plus de 500 objets. Les pièces présentées, qu’elles soient archéologiques néolithiques ou conçues au milieu du XXe siècle, témoignent d’un art africain multiple et séculaire. Le visiteur peut admirer masques, statuettes votives ou de protection, mobilier, tissus…

Cette exposition vient rappeler quelques ornements de la façade de la Maison du Marchand. Construite au XVIIIe siècle par la célèbre famille de Conigliano, cet immeuble du centre ancien possède un « oriel », en sculpture, de grande qualité où un masque indo-africain coiffé de plumes hérissées est sculpté dans le grès rose. Ce visage représentait, avec les autres éléments sculptés, paysage urbain, proue de bateau, minaret frisé de ballots et tonneaux, alors la force commerciale de cette famille lunévilloise qui négociait aux 4 coins du monde. Elle était en quelque sorte le marchand mercier pour la cour et les élites de la ville. À cette exposition sont associés deux jeunes designers, Gaëlle Kuhn, créatrice de meubles et ébéniste, et Fabrice Po, tapissier et sculpteur de crin.

Appartement XVIIIe

À l’étage, un appartement du XVIIIe siècle de l’aristocratie ou de la haute bourgeoisie de province, avec mobiliers et objets d’art est reconstitué. Un esprit « period room », c’est-à-dire la restitution d’un intérieur au plus juste d’une époque. Cette atmosphère et cette disposition ont été travaillées, du papier peint aux tableaux, des objets décoratifs aux lustres. Parmi les pièces dans lesquelles le visiteur peut plonger dans l’histoire : une salle à manger, un espace des arts du café/thé/chocolat, une chambre à l’alcôve avec cabinet de toilette, un salon des dames, un cabinet de porcelaine, un bureau et son cabinet de curiosité, un salon des Habsbourg Lorraine...

Arts du feu et de la table au XVIIIe siècle

Une exposition proposée par l’académie des arts du feu est mise en place en partenariat avec l’association Saint clément, ses Faïences et son passé, en collaboration avec l’espace muséal de l’Hôtel Abbatial, dans les pièces vouées aux faïences et aux arts du feu.

Différentes facettes sont évoquées. Une salle à manger reconstitue une table dressée, l’évolution des services de table tout au long du XVIIIe siècle est présentée dans des placards secrets. Un salon rappelle l’engouement pour les nouvelles boissons chaudes et la création des ustensiles nécessaires à leur consommation : chocolatières, verseuses, cafetières, tasses, et autres objets de faïence ou porcelaine. Une autre pièce évoque l’univers des fleurs et des jardins avec des vases et jardinières rocaille ou Louis XVI qui ont orné les intérieurs jusqu'à la fin du XIXe siècle. Un cabinet de curiosité donne à découvrir, outre les collections "nature", le monde fascinant des biscuits. L’art sacré, facette intégrante de cet art de vivre, n’est pas oublié. En plus de la céramique, on peut découvrir des métaux ouvragés... Tout cet art du feu, symbole des terres du Lunévillois !

 

Des Hommes pour un lieu

La grande galerie, desservant les 12 pièces de l’étage abrite 100 gravures de Jean Bérain, grand dessinateur de la Chambre et du Cabinet du Roi Louis XIV, né à Saint-Mihiel et lorrain. Les devants de cheminées ont été peints par Jacques Féger, petit neveu du célèbre dessinateur alsacien Hansi. La majeure partie des collections provient de plusieurs mécènes : Henri et Marie-Françoise Bretz, Gérard et Catherine Legrand, Pierre Muller et Denis Quénot, Christophe Cebal Lopez de Lazo, Bernard Puton, Jacques Féger, Régis Nieto, Maurice et Nicole Talin, l’Abbaye des Prémontrés, M. et Mme Hugues de Valonne, Marie Mercier, Marc Lechien... et ceux qui souhaitent garder l’anonymat. Nous trouverons aussi une bibliothèque de livres anciens, reconstituée grâce à un partenariat avec la médiathèque de L’Orangerie et la CCTLB.

Informations pratiques

Hôtel Abbatial, place St-Rémy
Ouverture des expositions : tous les jours (sauf le mardi) de 10h à 12h et de 14h à 18h
Entrée : 2 €

Mairie de Lunéville
2 Place Saint-Rémy
54300 Lunéville
tél: 03.83.76.23.00

Horaires d'ouvertures